Le gouvernement tente de limiter l’impact de l’extinction du réseau 2G sur les systèmes de sécurité.
La fin annoncée des réseaux 2G, prévue pour fin 2026, suscite de vives inquiétudes dans le secteur immobilier. En ligne de mire : les systèmes de téléalarme, indispensables notamment dans les ascenseurs, encore largement dépendants de cette technologie. Conscient des risques, le gouvernement tente d’organiser la transition, sans pour autant remettre en cause le calendrier imposé par les opérateurs télécoms.
Depuis le 5 septembre, le ministère du Logement affiche sa volonté de « mobilisation collective ». Il souhaite imposer deux obligations aux ascensoristes : informer les propriétaires d’immeubles, lors de chaque visite de maintenance, si un dispositif repose encore sur la 2G, et garantir que toute installation soit mise à niveau lors du contrôle technique quinquennal. Une manière de forcer l’accélération d’un chantier colossal, alors que plus de 230 000 ascenseurs sont encore équipés de boîtiers 2G selon la Fédération des ascenseurs.
Face à la grogne des professionnels, qui jugent le délai trop court et réclament un moratoire, l’exécutif reste ferme. « La possibilité de repousser la fermeture de la 2G n’est pas à l’ordre du jour », rappelle Bercy. Repousser l’échéance obligerait en effet l’État à indemniser lourdement les opérateurs : environ 84 millions d’euros par an et par opérateur, selon le ministère de l’Industrie. Un coût jugé inacceptable dans un contexte de restrictions budgétaires.
Le sujet est pourtant sensible : plusieurs fédérations immobilières, dont la Fnaim et l’Union sociale pour l’habitat, ont écrit au Premier ministre pour dénoncer une décision prise « sans concertation » et aux conséquences « lourdes pour la vie quotidienne des habitants ». Mais malgré ces pressions, l’État privilégie le maintien du calendrier et se limite, pour l’heure, à encadrer les acteurs du secteur afin d’éviter qu’un grand nombre d’ascenseurs, de systèmes d’alarme ou de dispositifs de téléassistance ne se retrouvent hors service en 2026.
En clair, le gouvernement ne freinera pas l’extinction de la 2G voulue par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Sa stratégie se concentre désormais sur un accompagnement réglementaire et technique pour limiter les conséquences sociales et sécuritaires d’une mutation technologique inéluctable.
Source : Le Monde
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