Altice : Patrick Drahi tente une acquisition colossale à près de 8 milliards de dollars mais…

Altice : Patrick Drahi tente une acquisition colossale à près de 8 milliards de dollars mais…

Patrick Drahi et un groupe de télécommunications canadien sont déterminés à racheter le câblo-opérateur québécois Cogeco en mettant sur la table 7,8 milliards d’euros. Mais l’offre est définitivement refusée.

Altice USA souhaite grossir au pays de l’Oncle Sam. Dans cette optique, le groupe de Patrick Drahi en duo avec Rogers Communications a ainsi lancé mercredi 2 septembre une OPA à 7,8 milliards de dollars américains sur le grand câblo-opérateur canadien Cogeco, une offre refusée à plusieurs reprises par son actionnaire majoritaire, la famille Audet. Aujourd’hui, celle-ci clarifie sans équivoque face à la détermination des deux acteurs : « Permettez-moi d’être clair, notre refus ne constitue en rien une position de négociation, il est définitif ».

Plus concrètement, Altice a souhaité s’emparer des activités de Cogeco aux Etats-Unis, à savoir sa marque Atlantic Broadband, présente dans 21 Etats, et ainsi récupérer ses 1,1 million de clients. En mettant la main sur le neuvième câblo-opérateur dans le pays, Altice USA aurait ainsi pu marcher sur les plates bandes du troisième acteur du marché Cox et ses 6 millions de clients, très loin derrière Comcast (31,5 millions de clients) et Charter Communications (30 millions). Cela était surtout l’occasion pour lui de prendre de la valeur. Altice USA est né du rachat en 2015 et 2016 de Suddenlink et Cablevision. L’entité du groupe de Patrick Drahi est devenue de fait quatrième câblo-opérateur américain avec 4,9 millions de clients. En 2017, Altice a déjà tenté en vain de racheter le 2ème câblo-opérateur américain. La marche était trop haute, si la stratégie de Patrick Drahi consistant à multiplier les rachats en les finançant par la dette peut fonctionner, il s’agissait là d’un groupe bien plus important qu’Altice USA avec une capitalisation boursière de plus de 120 milliards de dollars.

Selon la presse canadienne, même si Cogeco avait accepté l’offre, le gouvernement aurait vraisemblablement tenté d’intervenir. 

Source :  LaPresse, Journal de Montréal