Chronologie des médias : Netflix s’impatiente et pousse le ministère de la Culture à agir

Chronologie des médias : Netflix s’impatiente et pousse le ministère de la Culture à agir

Maintenant, que Netflix paie pour la création audiovisuelle française et européenne, le géant américain réclame la mise en place des contreparties promises par le gouvernement.

Le cador du streaming s’impatiente. Le 24 août dernier Netflix a déposé un recours gracieux contre le décret Smad, obligeant les plateformes à investir dans la création audiovisuelle. Entré en vigueur le 1er juillet, il fixe la part d’investissement à 25% du chiffre d’affaires des plateformes, contre certains avantages, notamment au niveau de la chronologie des médias. Mais les contreparties se font attendre.

Netflix donne deux mois au ministère de la Culture

Les dépenses ont commencé pour Netflix, sans que la nouvelle chronologie des médias réduisant le délai de diffusion des films récents sur les plateformes SVOD ne soit mise en place. Les différents acteurs ont été enjoints à trouver un accord commun, avec un délai de réflexion. Diffuseurs, chaînes privées et plateformes négocient ainsi dans le but d’établir à partir de quand Netflix et consorts peuvent diffuser des films coproduits sur leurs plateformes, mais aucune décision n’a encore été prise. Canal+ est le plus fervent opposant à la mesure, considérant que si le délai est très réduit, il n’aura plus aucun intérêt à être une chaîne payante et payer plus que les services de streaming.

Le leader du marché a donc envoyé une lettre à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot pour contester ce décret. Par cette action, Netflix ouvre ainsi un délai supplémentaire de deux mois pour régler la situation. La ministre de la Culture affirmait à la fin du mois d’août qu’un décret imposant une nouvelle chronologie des médias était déjà prêt sur son bureau. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement pourrait ainsi imposer le délai nécessaire : si aucun accord n’est trouvé, Netflix pourrait ainsi exposer sur sa plateforme les films qu’elle finance 14 mois après leur sortie en salle, mais en cas d’accord, un délai de 12 mois serait possible, contre 36 mois auparavant.

Source : Le Figaro