Numéros d’urgence : le patron d’Orange affirme qu’il “n’est pas concevable que ce type de dysfonctionnement puisse se reproduire”

Numéros d’urgence : le patron d’Orange affirme qu’il “n’est pas concevable que ce type de dysfonctionnement puisse se reproduire”

Stéphane Richard est revenu sur la panne du 2 juin dernier, expliquant les raisons d’une crise “rarissime” et tenant à rassurer les Français.

Orange est dans la tourmente depuis deux jours, après une panne impressionnante ayant rendu inaccessibles les numéros d’urgence à travers tout l’Hexagone. Son PDG a dû monter au créneau toute la journée et rassurer les Français.

Stéphane Richard explique ainsi dans les pages de la Dépêche que l’opérateur a connu mercredi dernier “un incident technique, extrêmement rare, sur un ensemble d’équipements qui sont en charge d’acheminer le trafic des appels de la voix sur IP vers le réseau commuté. Sur ce réseau commuté, sont hébergés la majorité des services d’urgence. C’est pourquoi le 15, le 17, le 18 et le 112 ont été beaucoup plus impactés“. L’opérateur apporte cependant des lumières sur l’impact réel de la panne.

Entre 16h30 et 22 heures, au plus fort de la crise, nous avons constaté que 8 appels sur 10 depuis un mobile vers ces services d’urgence étaient acheminés, ainsi que 9 appels sur 10 depuis un fixe” explique-t-il. Il précise également que certains départements ont été plus impactés que d’autre. D’où l’incitation à réitérer les appels “puisque la grande majorité d’entre eux passaient“.

Une crise résolue, en cours d’observation avant une investigation poussée

Depuis jeudi matin, la situation est presque revenue à la normale, “avec un réseau qui qui a retrouvé ses capacités, des équipements qui se sont stabilisés au fil des heures et des taux d’efficacité qui ont résistés au pic d’appels“.  Cependant, l’opérateur ne relâche pas sa vigilance. Il explique cependant que le problème est particulièrement atypique, puisqu’il a touché “un ensemble d’équipements qui sont fortement redondants – présents sur six sites distincts en France, sécurisés et robustes“.

“En tant qu’opérateur de réseau, notre priorité de tous les instants est de sécuriser nos réseaux, que ce soit face aux cyberattaques, aux dysfonctionnements ou aux pics d’audience. Ainsi, pour nous, il n’est pas concevable d’envisager que ce type de dysfonctionnement puisse se reproduire.

Nous sommes toujours dans une période d’observation, de vigilance, compte tenu de l’ampleur de la crise et de la sensibilité des services concernés. Pour nous, la période de crise n’est pas close, et nous sommes toujours dans cette mobilisation. C’est la priorité de la journée et des jours à venir, avant de rentrer, dans un deuxième temps, dans une période d’investigation, d’analyse d’impact, pour essayer de tirer les enseignements de cette crise” explique Stéphane Richard. La piste de la défaillance logicielle est la plus probable, Orange écartant une panne due à une opération de maintenance ou à une cyberattaque.

Cette enquête visera également à définir “où sont les responsabilités“, notamment au sein d’Orange en investiguant sur les dispositifs et sur la crise. Le PDG explique également qu’un audit sera fait à la demande du ministre de l’Intérieur, sur son dispositif et sur l’architecture des services. La question d’une enquête ouverte par le parquet de Vannes pour déterminer si Orange peut être tenu responsable de la mort d’une personne n’ayant pas pu appeler les secours a également été posée. Pour Stéphane Richard, “à partir du moment où il y a une suspicion de décès, il est normal qu’il y ait une enquête, comme il y a pu en avoir au préalable lorsqu’il y a eu le sentiment qu’un appel n’avait pas pu être géré dans les temps.

Le gouvernement est très attentif à cette crise que Gérald Darmanin a déjà qualifié d'”inacceptable“. Le président de la République a également affirmé être très préoccupé par cet incident inédit.