Xavier Niel, le patron de Free, bientôt seul maître à bord du Monde grâce à la fin d’un conflit
Le groupe espagnol Prisa s’apprête à renoncer à son recours contre la cession de ses 20 % du Monde Libre, la holding de contrôle du quotidien. Les titres doivent revenir pour un euro au Fonds pour l’indépendance de la presse, créé par Xavier Niel, qui détiendra ainsi la totalité de la holding.
Le conflit entre Xavier Niel et Prisa autour du capital du Monde touche à sa fin. Selon La Lettre de l’Expansion, le groupe espagnol doit se désister dans les prochains jours de la procédure engagée devant le tribunal des affaires économiques de Paris. Joseph Oughourlian, patron de Prisa, a confirmé l’information à nos confrères, tandis que Louis Dreyfus, président du directoire du Monde, évoque une signature imminente.
Les 20 % détenus par Prisa dans Le Monde Libre seront cédés pour un euro symbolique au Fonds pour l’indépendance de la presse, créé par Xavier Niel en 2021. Celui-ci détiendra alors la totalité de la holding, le fondateur de Free ne conservant personnellement qu’une action dans le groupe. En contrepartie, Prisa et Le Monde renforceront leur coopération éditoriale, engagée depuis 2005.
Un conflit autour d’une cession à un euro
Le différend remonte à décembre 2020, lorsque Prisa a accordé à NJJ, la holding de Xavier Niel, une option d’achat sur ses 20 % pour un euro symbolique. L’accord prévoyait également que le groupe espagnol ne récupère que 10 des 30 millions d’euros prêtés. Xavier Niel a exercé cette option le 30 avril 2025, mais Joseph Oughourlian, estimant les titres entre 50 et 60 millions d’euros et jugeant le contrat déséquilibré, a refusé de livrer les actions. Prisa a alors saisi la justice.
Le désistement intervient alors que Joseph Oughourlian consolide son contrôle sur Prisa, dont il détient 29,74 % via Amber Capital. Il a notamment écarté des actionnaires qui souhaitaient engager le groupe dans la télévision gratuite en Espagne, un projet qu’il jugeait trop coûteux compte tenu de son endettement. Les actionnaires contestataires prépareraient désormais leur sortie pour financer leur projet de chaîne, La Siete. Reste également à suivre la position de Vivendi, dont Vincent Bolloré est le premier actionnaire et qui détient 11,19 % de Prisa. Si l’accord se concrétise, il mettra fin à un contentieux de plus d’un an et clarifiera le contrôle du Monde Libre au profit du fonds créé par Xavier Niel.