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TF1 réclame de nouvelles mesures au gouvernement et ça implique plus de pubs

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Le groupe TF1 demande au gouvernement d’agir rapidement pour soutenir l’audiovisuel français. Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, son PDG Rodolphe Belmer estime que les chaînes françaises sont de plus en plus pénalisées face aux plateformes américaines, qui captent une part croissante des audiences et des recettes publicitaires.

Pour TF1, le temps des constats est terminé. Dans un courrier adressé à Matignon et révélé par Le Figaro, Rodolphe Belmer appelle l’exécutif à prendre rapidement des mesures afin de rééquilibrer la concurrence entre les groupes audiovisuels français et les géants du numérique.

Selon lui, « l’immobilisme n’est plus une option » alors que les plateformes comme Netflix, YouTube, Disney+ ou encore Amazon Prime Video attirent toujours plus de téléspectateurs et de revenus publicitaires, tout en étant soumises à des règles différentes de celles qui encadrent les chaînes de télévision françaises.

La télévision perd des revenus publicitaires

Le constat dressé par TF1 est préoccupant. Les recettes publicitaires de la télévision linéaire ont reculé de 12 % en 2025, puis encore de 8 % au premier trimestre 2026. Cette baisse oblige les groupes audiovisuels à réduire leurs investissements dans les programmes, avec des conséquences directes pour les sociétés de production françaises.

Plusieurs entreprises du secteur, comme Bangumi, Banijay, Mediawan ou Éléphant, ont déjà annoncé des suppressions de postes ou des réductions d’activité. L’animation est également particulièrement touchée, avec une baisse de 36 % de l’activité au premier trimestre, selon les représentants de la filière.

TF1 rappelle que les investissements des plateformes étrangères ne compensent pas cette baisse. À titre d’exemple, Netflix produirait une dizaine de séries et de films français chaque année, tandis que les diffuseurs historiques financent plusieurs centaines de programmes. Le problème ne vient pas uniquement du changement des habitudes de visionnage.

L’argent investi par les annonceurs n’a pas disparu : il s’est progressivement déplacé vers les plateformes numériques. Les réseaux sociaux représenteraient désormais une large part de la croissance du marché publicitaire, tandis que YouTube domine la publicité vidéo en ligne. Les plateformes de streaming comme Netflix, Disney+ et Prime Video attirent elles aussi une part croissante des investissements.

Face à cette évolution, TF1 et M6 ont développé leurs propres plateformes de streaming gratuites, TF1+ et M6+, dont les revenus publicitaires progressent. TF1 a également signé un partenariat avec Netflix pour distribuer certains de ses contenus.

Mais ces initiatives ne suffisent pas encore à compenser le recul des recettes de la télévision traditionnelle.

TF1 réclame un assouplissement des règles

Dans sa lettre, le groupe demande au gouvernement de moderniser une réglementation jugée dépassée, dont certaines dispositions remontent aux années 1980.

  • Parmi les principales propositions figurent :
  • augmenter progressivement la durée maximale de publicité par heure, de 9 à 14 minutes
  • supprimer certaines limitations concernant les coupures publicitaires pendant les films
  • assouplir les règles encadrant le parrainage des émissions
  • autoriser les annonceurs à indiquer l’adresse d’un commerce dans une publicité télévisée
  • mettre fin à l’interdiction des publicités télévisées pour les opérations promotionnelles de la grande distribution.

Selon Rodolphe Belmer, ces contraintes continuent de peser sur les chaînes françaises alors que les grandes plateformes numériques n’y sont pas soumises.

Toutes ces propositions ne font toutefois pas l’unanimité. La possible autorisation des publicités télévisées pour les promotions de la grande distribution suscite notamment l’opposition de plusieurs groupes de presse et de radio, qui redoutent de perdre une partie importante de leurs recettes publicitaires. TF1 estime néanmoins qu’une expérimentation permettrait de mesurer les effets réels de cette évolution.

Au-delà de ces mesures, le groupe souhaite surtout obtenir une réaction rapide du gouvernement afin d’adapter les règles du marché publicitaire à un paysage audiovisuel profondément transformé par l’essor des plateformes de streaming, des réseaux sociaux et de YouTube.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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