Rachat de SFR : plus de 2 600 salariés seraient repris directement, l’inquiétude grandit pour les autres

Rachat de SFR : plus de 2 600 salariés seraient repris directement, l’inquiétude grandit pour les autres

Le projet de cession de la majeure partie des actifs de SFR à Bouygues Telecom, Free et Orange entre dans une nouvelle phase ce mercredi avec l’ouverture des consultations des représentants du personnel. Alors qu’environ 2 700 salariés seraient repris directement, les syndicats s’inquiètent du sort des milliers d’autres.

L’ambiance risque d’être particulièrement tendue ce mercredi 24 juin au siège parisien de SFR, à Balard. Au-delà de l’épisode de fortes chaleurs, c’est surtout le lancement officiel de la procédure d’information-consultation des représentants du personnel sur le projet de cession de la majeure partie des actifs de SFR au trio Bouygues Telecom, Free et Orange qui cristallise les tensions.

À l’approche des premières réunions avec les directions concernées, les syndicats affichent leurs inquiétudes sur l’avenir de plusieurs milliers de salariés. Selon les informations de la Tribune autour du projet, un peu plus de 2600 salariés de SFR, sur un effectif d’environ 8 000 personnes, seraient transférés directement vers les futurs acquéreurs.

Dans le détail Bouygues Telecom récupérerait 2 404 salariés, dont l’ensemble des équipes rattachées à SFR Business, Orange reprendrait 238 salariés, principalement liés aux marques mobiles Coriolis, Syma et Réglo et Iliad (Free) intégrerait 50 salariés, correspondant aux activités de Red by SFR. Au total, cela représenterait 2 692 collaborateurs repris directement, laissant environ 5 000 salariés au sein de la structure SFR SA.

Les syndicats craignent une structure sans perspective pour les salariés restants

C’est précisément ce point qui concentre aujourd’hui les critiques des représentants du personnel. Les syndicats Unsa com et CFDT, majoritaires chez SFR, redoutent que SFR SA devienne une structure transitoire sans visibilité claire pour ses équipes. Selon Abdelkader Choukrane, secrétaire général d’Unsa com et délégué syndical central de SFR, « 60 % des salariés ne savent pas ce qu’ils vont devenir ». Il critique également un mécanisme où le maintien de l’emploi annoncé jusqu’en janvier 2029 donnerait selon lui davantage une garantie temporaire qu’une réelle stabilité de long terme.

Même inquiétude du côté d’Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT chez SFR, qui estime que les salariés maintenus dans SFR SA pourraient se retrouver dans une situation d’attente prolongée. Les organisations syndicales soulignent également que les salariés transférés ne disposeraient pas nécessairement d’une garantie absolue de conserver leur poste au-delà des engagements pris.

Autre sujet de préoccupation : le devenir des filiales exclues du périmètre de la vente, notamment ATS, dont environ 3 500 techniciens travaillent essentiellement pour SFR. L’intersyndicale regrette également que le ministre de l’Économie Roland Lescure ne se soit pas davantage exprimé sur la question de l’emploi au moment de l’annonce du protocole d’accord et indique attendre toujours un retour du ministère du Travail.

Les trois opérateurs promettent d’éviter une casse sociale

De leur côté, Bouygues Telecom, Iliad et Orange défendent une autre lecture du projet. Lors de leurs prises de parole du 6 juin, les trois groupes ont assuré que l’objectif n’était ni d’organiser une réduction massive des effectifs ni de créer deux catégories de salariés chez SFR.

Selon les engagements présentés, la garantie de maintien de l’emploi jusqu’en janvier 2029 couvrirait soit le maintien dans le poste actuel, soit une proposition de poste auprès de l’un des trois opérateurs. Ces éléments seront au cœur des échanges organisés ce mercredi dans le cadre de l’ouverture de la procédure d’information-consultation.

Le calendrier de la journée est déjà fixé. Le matin, la direction d’Altice France, représentée notamment par Arthur Dreyfuss et Mathieu Cocq, doit échanger avec le CSE central de SFR. Puis à 13 h 30, les représentants nationaux des acquéreurs prendront le relais : Benoît Torloting et la DRH Sandrine Brissart pour Bouygues Telecom, Nicolas Thomas et son DRH pour Free, ainsi que Jérôme Hénique et Vincent Lecerf pour Orange France. En parallèle, Unsa com et CFDT appellent les salariés à se rassembler dans la cour du campus dès 13 heures. Selon l’appel relayé par les syndicats, l’objectif affiché n’est pas de perturber les réunions mais de montrer que les salariés suivent de près un projet qui pourrait redessiner durablement leur avenir professionnel.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox