Pourquoi Orange attaque Google aux côtés de TF1 et France Télévisions
Après les indemnisations obtenues récemment par certains éditeurs français, une nouvelle vague de recours vise désormais Google. Orange fait partie des groupes qui espèrent obtenir plusieurs millions d’euros.
Plusieurs groupes français de médias et de publicité en ligne ont décidé de passer à l’offensive contre Google. Parmi eux figurent Orange, TF1, France Télévisions, Libération ou encore Ebra, qui réclameraient au total plus de 300 millions d’euros de dommages et intérêts pour des pratiques jugées anticoncurrentielles dans le secteur de la publicité numérique.
Cette vague d’actions en justice intervient dans le prolongement direct d’une décision rendue en 2021 par l’Autorité de la concurrence, qui avait sanctionné Google pour abus de position dominante dans les technologies publicitaires. Une décision devenue un point d’appui majeur pour les éditeurs et régies souhaitant demander réparation.
Selon les informations rapportées par Mind, au moins quatorze groupes auraient engagé des procédures contre le géant américain ces dernières semaines. Parmi eux, Orange apparaît via sa régie publicitaire Orange Advertising, qui rejoint d’autres acteurs historiques du paysage audiovisuel et médiatique français. Tous s’appuient sur la décision de l’Autorité de la concurrence estimant que Google avait favorisé ses propres services dans la chaîne complexe de la publicité en ligne, au détriment des autres acteurs du marché.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Les éditeurs disposaient d’un délai limité pour engager une action après la publication de cette décision. Selon les interprétations juridiques, cette possibilité arrivait à échéance entre le 6 juin et le 7 juillet 2026. Plusieurs groupes ont donc choisi d’agir avant toute ambiguïté sur les délais. Si la décision de 2021 constitue la base juridique, les succès récents obtenus par certains médias ont aussi contribué à accélérer le mouvement.
Dans le cadre de dossiers liés à cette même affaire, plusieurs groupes ont déjà obtenu des indemnisations. L’Équipe aurait récupéré 17 millions d’euros tandis que M6 aurait obtenu 23 millions d’euros. Ces montants ont montré qu’une réparation financière significative était possible, encourageant d’autres éditeurs à lancer leurs propres procédures. Pris ensemble, les recours déposés représenteraient désormais plus de 300 millions d’euros.
L’issue de ces actions pourrait devenir un nouveau test majeur pour le marché français de la publicité numérique, où les rapports de force entre plateformes technologiques et éditeurs restent au cœur des débats sur la concurrence.