La Commission européenne dévoile une application destinée à vérifier l’âge des internautes sans transmettre leurs données aux sites. Un outil clé pour accompagner les futures régulations visant les mineurs.
L’Union européenne accélère sur la vérification de l’âge en ligne. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé qu’une application dédiée était désormais « techniquement prête » et pourrait être déployée prochainement dans les États membres.
Ce nouvel outil doit répondre à un problème devenu central : comment vérifier l’âge des internautes sans compromettre leur vie privée. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays, dont la France, envisagent de restreindre l’accès des mineurs à certains contenus, notamment les réseaux sociaux ou les sites pour adultes. Jusqu’ici, les solutions existantes, comme la reconnaissance faciale ou les simples déclarations d’âge, ont montré leurs limites, tant en matière de fiabilité que de protection des données.
Le fonctionnement repose sur un principe simple : dissocier l’identité de l’utilisateur du service qu’il consulte. Concrètement, l’application agit comme un tiers de confiance :
Ainsi, les plateformes ne reçoivent aucune donnée personnelle, seulement une confirmation que l’utilisateur remplit les conditions d’âge. Selon la Commission européenne, ce système permet de s’identifier « de manière complètement anonyme, et sans pouvoir être tracé ». L’application a déjà été testée dans plusieurs pays européens, dont la France.
Dans la pratique, lorsqu’un internaute tente d’accéder à un site soumis à une restriction d’âge, une page de vérification s’affiche et l’utilisateur est redirigé vers l’application enfin, si son âge est validé, un signal est envoyé au site, l’accès est alors autorisé
Autre point mis en avant : l’application sera gratuite et open source. Son code pourra donc être consulté publiquement, un choix destiné à renforcer la confiance et permettre des audits indépendants. La Commission affirme également que le dispositif respecte « les normes de confidentialité les plus exigeantes du monde », en ligne avec les exigences européennes en matière de protection des données.
L’objectif est double : offrir aux États membres une solution clé en main pour encadrer l’accès des mineurs et imposer un standard commun aux plateformes. Avec ce système, Bruxelles entend couper court aux arguments des réseaux sociaux et autres services en ligne, souvent accusés de ne pas suffisamment contrôler l’âge de leurs utilisateurs. Reste désormais à savoir si cette solution sera adoptée massivement… et surtout si elle parviendra à trouver le bon équilibre entre protection des mineurs et respect de la vie privée.
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