Même si Patrick Drahi validait dès demain la vente de SFR, l’opération n’aboutirait pas avant plusieurs années. Entre autorisations administratives et migration technique des abonnés, un véritable casse-tête se profile.
Les discussions autour du rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange s’annoncent aussi complexes que l’ampleur du projet, surtout que le trio a décidé de maintenir son offre à 17 milliards d’euros alors qu’Altice a immédiatement refusé la proposition. Concrètement, le démantèlement de l’opérateur au carré rouge impliquerait 8 000 salariés, 19,3 millions de clients mobiles et 6,1 millions sur le fixe. Une première dans l’histoire des télécoms français, tant par le volume de clients concernés que par la multiplicité des acteurs impliqués.
Mardi soir, Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Telecom, a donné un premier aperçu d’un calendrier en cas de vente dans les lignes du Figaro. Il estime qu’il faudrait deux ans pour obtenir les autorisations nécessaires de l’Autorité de la concurrence et de l’Arcep, si Patrick Drahi, patron d’Altice, venait à donner son accord au rachat.
Ensuite, un délai supplémentaire de 30 mois serait nécessaire pour migrer l’ensemble des clients de SFR vers leurs nouveaux opérateurs d’accueil. Soit un total de plus de quatre ans avant que le transfert des 26 millions d’abonnés ne soit totalement achevé. Autrement dit, si un accord est trouvé d’ici la fin de l’année, la migration pourrait se finir en 2031.
Une période interminable dans un marché très concurrentiel où rien n’empêcherait, entre-temps, les abonnés SFR de changer librement d’opérateur, ce qui pourrait provoquer une hémorragie de clients avant même la fin du processus.
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