La maison-mère de Free réagit publiquement à l’hypothèse d’un rachat de SFR. À l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels, Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad, a ouvert la porte à une éventuelle consolidation du marché.
Alors que les spéculations vont bon train autour d’un possible démantèlement ou rachat de SFR, Thomas Reynaud a rompu le silence hier. Interrogé lors de la conférence de presse des résultats du groupe Iliad, le dirigeant a évoqué, sans détour, la position de Free face à cette perspective.
“Si la consolidation permet de diffuser notre modèle à plus de Français, alors nous serons au rendez-vous”, a-t-il affirmé rapporte l’AFP, tout en nuançant : “Mais nous serons très pragmatiques par rapport à cette question”.
Une déclaration mesurée mais significative, qui marque la première prise de position officielle du groupe face à la situation de SFR, en pleine restructuration de sa dette. Iliad n’exclut pas d’être un acteur du possible partage des actifs, tout en soulignant que l’intérêt stratégique primera sur toute logique opportuniste. De toute évidence, Iliad-Free privilégie la cohérence industrielle et la capacité à reproduire son modèle économique.
De son côté, Orange a déclaré mercredi dernier par la voix de sa directrice générale Christel Heydemann qu’il ne serait pas « à la manœuvre » dans cette opération de rachat soulignant les contraintes imposées par les règles de concurrence, qui rendraient difficile une acquisition directe en raison de parts de marché déjà dominantes.
Altice sonde depuis la mi-mai plusieurs potentiels acheteurs pour céder une participation majoritaire, voire la totalité de l’opérateur. Bloomberg évoque une valorisation pouvant grimper jusqu’à 30 milliards d’euros, dette comprise. Orange, Free, Bouygues Telecom mais aussi des acteurs étrangers comme Emirates Telecommunications Group (E&) et plusieurs fonds ont déjà montré leur intérêt.
Thomas Reynaud a élargi son propos à la situation européenne, citant notamment le marché italien où Iliad est également présent. “En Italie, la consolidation a du sens pour tout le monde : l’industrie, les entreprises, les citoyens. Pour Iliad, c’est une opportunité mais pas une nécessité”, a-t-il expliqué, en référence à une éventuelle fusion avec Telecom Italia (TIM). Mais là encore, il a appelé à ne pas surestimer les discussions en cours : “Je constate que de nombreux dirigeants parlent beaucoup de la consolidation du marché des téléphones en Italie mais il n’existe aucune discussion”, a-t-il conclu.
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