Réseau mobile : mettre fin aux zones blanches, oui, mais comment gérer l’après ?

Réseau mobile : mettre fin aux zones blanches, oui, mais comment gérer l’après ?

Le New Deal Mobile est un projet louable, mais sera-t-il viable ? L’UFC-Que Choisir se questionne sur certaines problématiques inhérente à la couverture mobile en France.

Le chantier est important et si les opérateurs peuvent rencontrer certains problèmes pour le déploiement de leurs antennes, il avance bien. Depuis quatre ans, Orange, Free, Bouygues et SFR s’attellent en effet à couvrir au mieux les zones dites “blanches”, sans réseau mobile. Une obligation issue d’un accord signé entre les quatre telcos et l’Etat, nommé “New Deal”, visant à généraliser la 4G partout sur le territoire. Chaque année, de nouveaux sites sont intégrés dans l’accord, avec par exemple 608 nouveaux sites à déployer annoncés cette année, pour une activation d’ici deux ans.

Un projet qui “changera bel et bien la vie de milliers de riverains et de touristes”, concède l’association de consommateur UFC-Que Choisir. Mais cette dernière se questionne : pourrait-il résoudre durablement la question de la fracture numérique ? “Pendant encore très longtemps, de nombreux endroits retirés resteront coupés du monde, sans réseau“, affirme-t-elle. Mais d’autres problématiques se présentent.

En effet, l’association pointe du doigt le fait que même si une antenne est effectivement mise en service en zone blanche, rien ne garantit un accès au réseau pour tous ses habitants. En zone rurale, un village “couvert” peut également comprendre des hameaux ou des habitations excentrées qui eux ne sont pas situés dans le rayon d’action de l’installation et se retrouvent donc privés de réseau mobile. De plus, les frontières villages ne sont pas toujours immuables : “il suffira par exemple qu’un lotissement soit bâti ici ou qu’un camping ouvre ses portes là pour que celle (l’antenne; NDLR) couvrant la zone ne réponde plus à la demande“.

L’association de consommateur se questionne alors sur la possibilité pour les opérateurs de modifier leurs infrastructures pour répondre à ces éventuels changements. Il n’est en effet pas inscrit dans le New Deal que ces derniers aient une obligation à faire évoluer leurs équipements en ce sens. D’autant plus qu’Orange, Free, Bouygues et SFR ont d’ores et déjà fort à faire ailleurs. Ne serait-ce que sur le mobile, le déploiement de la 4G et surtout de la 5G bat son plein  à travers tout le territoire et mobilise déjà des moyens importants. Une problématique déjà importante à l’heure où les usages de l’internet mobile explosent (+40% chaque année selon certains opérateurs) et où la 5G a été introduite notamment comme une solution pour désengorger le réseau 4G.

Source : UFC-Que Choisir Magazine, n°611, sortie le 1er mars 2022