Fibre optique : les tarifs de la sous-traitance baissent, les prestataires en paient le prix et protestent

Fibre optique : les tarifs de la sous-traitance baissent, les prestataires en paient le prix et protestent

Alors que les contrats entre les opérateurs et la sous-traitance sont revus à la baisse, les prestataires voient leurs revenus diminuer et protestent en organisant des blocus.

Une bien mauvaise nouvelle pour de nombreuses personnes travaillant de le milieu de la fibre. Alors que l’année va se terminer, les prestataires de la société Sogetrel, sous-traitant historique de Free et de Bouygues Telecom, ont appris que les contrats signés avec les deux opérateurs ont été revus à la baisse. Une information qui ne ravit pas le secteur, puisqu’il est déjà souvent difficile pour les prestataires de joindre les deux bouts, face à des charges assez élevées en comparaison des revenus, d’autant plus qu’elle constitue une réelle “surprise” pour eux.

Les prix étaient déjà relativement bas et il y avait déjà énormément de pénalités“, explique l’un d’entre eux aux spécialistes du projet Les Fibreux. Si Sogetrel justifie ces mesures par une baisse appliquée par les opérateurs, les prestataires n’en voient pas la logique, notamment pour une information arrivant si tard. Le partenaire des deux opérateurs a en effet commencé à informer ses divers prestataires de la situation durant les derniers jours, pour un avenant de contrat appliqué dès le 1er janvier 2022, et il paraît peu probable pour les concernés que les opérateurs s’y soient pris à la dernière minute.

Des témoignages émergent faisant état d’un travail déjà “à perte”, comme cet employeur d’une quinzaine de salariés qui révélait les coûts moyens d’une journée de travail : une équipe doit rapporter 350€ par jour travaillé et n’a pu réaliser qu’un chiffre d’affaires de 203,5€, soit une perte sèche de près de 150€. Cela sans compter les frais annexe comme “le prix de l’entretien du camion, l’amortissement du matériel, les abonnements téléphoniques, les habilitations, les visites médicales…“. Désabusé, ce patron avoue même qu’un licenciement serait préférable pour ses entreprises.

Face à la situation, certains prestataires ont annoncé se mettre en grève et arrêter le travail, jugeant que la coupe est pleine. “D’année en année ça se dégrade“, déplore l’un d’entre eux. Les grévistes entendent porter plusieurs revendications devant Sogetrel, notamment la renégociations des prix des BPU, document fixant les prix unitaires relatifs à chaque produit utilisé dans le cadre du déploiement de la fibre. Les hommes de l’ombre de la fibre veulent également se voire rembourser les pénalités appliquées et non justifiées mais aussi de meilleurs échanges entre l’entreprise et les sous-traitants. “Tant que nous n’avons pas eu une renégociation du contrat […] toutes nos sociétés en reprendront pas le travail“, explique l’un des prestataire interrogé, déterminé à “aller jusqu’au bout“.