Concentration des médias : Xavier Niel, Patrick Drahi, Vincent Bolloré et Martin Bouygues bientôt auditionnés sous serment

Concentration des médias : Xavier Niel, Patrick Drahi, Vincent Bolloré et Martin Bouygues bientôt auditionnés sous serment

Le Sénat va enquêter sur la concentration des médias en France. Plusieurs milliardaires seront convoqués et auditionnés.

La fusion entre TF1 et M6, mais aussi le mariage entre Vivendi et Lagardère ou encore les acquisitions successives dans la presse de Xavier Niel, Bernard Arnault et Patrick Drahi, autant de sujets qui interrogent aujourd’hui le Sénat à l’heure où de grands industriels ont la main mise sur les journaux, chaînes TV et radios français. Ce 2 novembre a été voté la création d’une commission d’enquête sur la concentration des médias qui imposera à certains grands patrons ou encore au CSA ou à l’Autorité de la concurrence de prêter serment et ainsi être auditionnés. Sont d’ores et déjà cités le fondateur de Free (Le Monde, Nouvel Obs, Nice Matin, Paris Turf), celui d’Altice (BFMTV, RMC), ou encore Vincent Bolloré (Canal+) et Martin Bouygues (TF1).

Initiée par plusieurs sénateurs PS et composée de 21 membres en provenance de plusieurs commissions (affaires culturelles et des affaires économiques), celle-ci sera créée le 18 novembre et prendra place pendant 6 mois. L’objectif est « de mettre en lumière les conditions d’achat et de regroupement qui ont abouti à ce paysage de la presse et de l’audiovisuel très concentré “, résume Patrick Kanner, président du groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat.

« Ces derniers temps le phénomène de concentration s’accentue et s’invite dans le débat public. La commission d’enquête devra se pencher à la fois sur les aspects économiques en étudiant les conditions des rachats, sociétaux avec les nouveaux usages et des nouveaux acteurs des médias et sur la dimension politique avec la défense du pluralisme d’opinion et de la liberté d’expression », ajoute pour sa part dans une lettre commune Sylvie Robert, sénatrice PS d’Ille-et-Vilaine. Car il faut le dire aujourd’hui, certaines règles sur la concentration des médias paraissent bien obsolètes et méritaient d’être modernisées. Ce sujet n’a d’ailleurs pas été évoqué lors du débat sur le projet de réforme de l’audiovisuel, finalement renvoyé aux calendes grecques en 2020.

Source : Le Figaro