5G : la France ne doit pas trop se précipiter d’après Sébastien Soriano

5G : la France ne doit pas trop se précipiter d’après Sébastien Soriano

Afin de préparer l’arrivée de la 5G, l’Arcep a ouvert récemment un guichet « pilotes 5G » accessible à tout type d’acteurs. Dès cette année ou courant 2019, celle qui succèdera à la 4G, sera donc testée dans 9 villes dans l’hexagone sur la bande 3400-3800 MHz. Au cours de son audition hier devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, le président du régulateur a démontré que la 5G est pourtant loin d’être normalisée. La France doit néanmoins montrer qu’elle avance sans toutefois aller plus vite que la musique.

Rappelant que la 5G sera sans doute « une affaire de ports connectés, d’usines connectées, d’hôpitaux connectés, de routes connectées», le président de l’Arcep estime qu’il est imaginable que le réseau 5G ne soit pas uniquement portée par les opérateurs mais également portée par les utilisateurs eux-mêmes ou des intermédiaires « comme un constructeur d’autoroutes qui monétiserait la 5G auprès des utilisateurs ou encore des équipementiers». Par conséquent, une kyrielle de modèles économiques devraient apparaître, ce pilote aura donc pour objectif de mieux comprendre et cibler ces cas d’usages. C’est la raison pour laquelle ces tests s’adressent à tout le monde, aux opérateurs mais aussi aux acteurs d’infrastructures d’énergie, routière, portuaire, ferroviaire et les industriels.

Néanmoins, si la 5G va être testée dans l’hexagone et possiblement en Outre-mer, c’est pour montrer que la France avance sur cette technologie, compétitivité à l’international oblige et surtout pour éviter de « se précipiter », précise Sébastien Soriano avant de s’interroger : « Si nous devions aujourd’hui réaliser une attribution de la 5G, je serais bien en peine de dire quelles sont les obligations qu’il faut imposer aux opérateurs car parmi tous les usages que je décris, je ne sais pas lesquels seront retenus », confie t-il. Car force est de constater que les questions sans réponses sont légion aujourd’hui et éloignent inévitablement de la normalisation de cette technologie : « Est-ce que ce sera la 5G qui sera le réseau de connectivité des voitures ? » A l’heure où les acteurs de l’automobile parlent de la communication entre véhicules, ces derniers ne se penchent pas nécessairement sur la communication avec un réseau, constate le numéro 1 du régulateur. Autre question, « est-ce que les routes devront êtres couvertes en 5G ? » L’Arcep donne sa langue au chat. Mais par-dessus tout, «à qui faudrait t-il attribuer ces fréquences ? » Aux opérateurs ou aux groupes industriels, encore une fois, le cadre n’est pas définit. Les pilotes menés en 2019 auront donc vocation à donner des éléments de compréhension en vue du déploiement de la 5G qui n’aura de sens que d’ici 5 ans d’après Sébastien Soriano. Pour le moment, « on parle de la 5G aux jeux olympiques en Corée ou au Japon mais ce n’est que de la communication parce que la 5G n’est pas normalisée aujourd’hui. Aux Etats-Unis, on parle de 5G mais c’est de la 4G+ fixe » tempère t-il enfin. Actuellement, le maître mot tombe sous le sens, «maîtriser les tenants et aboutissants» .

L’Arcep a d’ailleurs fait une proposition au gouvernement pour une attribution de fréquences 5G en 2020, « sur la base du retour des expériences que nous aurons eu de ces pilotes».