Le modèle Free Mobile comparé au modèle des compagnies aériennes

Le modèle Free Mobile comparé au modèle des compagnies aériennes


Il y a peu, nous vous proposions une approche du modèle économique de Free Mobile. Dans ses colonnes du jour, le quotidien Les Echos propose un comparatif entre le modèle Free Mobile et celui du secteur aérien.

 
Il est encore trop tôt pour estimer la réussite de Free Mobile. Pour autant, le compte à rebours s’écoule et les opérateurs mobiles concurrents ont bien du mal à rivaliser avec les deux forfaits du quatrième entrant. Bouygues Télécom aurait déjà perdu 300 000 abonnés (mais n’en confirme que 25 000), SFR rend accessible ses offres Red pour répondre à Free Mobile sans toutefois s’aligner (Communications inférieures à 3 heures, 200 correspondants différents par tranche de 24h pour 40 000 souscriptions). Et la polémique concernant l’ouverture à moitié du réseau mobile de Free a fait « pschitt ».

 
Toute fois, Free est en passe de réussir son pari au regard du flux continu des demandes d’abonnement. D’autant que les analystes d’Oddo estiment qu’aucun des concurrents de Free ne gagnerait de l’argent en proposant les mêmes tarifs que Free. En effet, le coût marketing par abonné et par an est de plus de 100 euros chez Orange, de 98 euros chez Bouygues Telecom et seulement de 25 euros, soit quatre fois moins, chez Free. En somme, Free vend des forfaits deux fois moins chers tout en étant deux fois plus productif. Cette équation a un nom, c’est l’effet low cost.

 
L’effet Low-cost :
Pour le mobile, Free reproduit le modèle qui a fait sa réussite dans l’Adsl en 2003. Rien de nouveau, il en est de même dans le secteur de l’aérien. En effet, Air France doit faire face à ses concurrents low-cost easyJet et Ryanair sur son trafic européen. A première vue, une compagnie Low Cost proposerait une offre au rabais avec moins de services. Il n’en est rien. Comme Free, les concurrents d’Air France proposent une autre approche très concurrentielle.

 
« Ce n’est pas en supprimant la restauration à bord ou le salaire des hôtesses que les compagnies low cost ont gagné la bataille du court-courrier, et Free ne gagnera pas juste parce qu’il supprime la subvention du mobile et qu’il n’a presque pas de boutiques. Mais parce que ces nouveaux entrepreneurs proposent une autre approche qui menace de mort les acteurs en place. Ils entendent démontrer que le réservoir de productivité est encore considérable dans les métiers de services, qu’il n’y a pas besoin d’aller chercher les Chinois pour le trouver et que leur modèle deviendra bientôt la norme pour tout métier » note le quotidien.

 
Dernier arrivé sur le marché, Free Mobile, Easy Jet et Ryanair proposent un service repensé et une organisation plus efficace. D’autre part, le modèle Low Cost ne se résume pas uniquement au prix. Il s’agit surtout de banaliser l’objet de consommation : faire d’un produit de luxe, un produit de masse. Dans le cas de la nouvelle offre mobile, il s’agit de banaliser l’internet mobile, présenter deux offres simples dirigées vers les gros et petits consommateurs.

 
Avec ses deux offres, Free Mobile simplifie tout ce qui implique une gestion industrielle plus facile avec moins de process et surtout, c’est un gage de prix bas pour le consommateur. A l’inverse, la multitude d’options, de forfaits, de services proposés par la concurrence génère une structure complexe et donc chère.

 
Face à Free Mobile, Orange, SFR et Bouygues Télécom tentent pour l’instant d’ajuster leurs offres. Dans le cas où le succès de Free Mobile se poursuit, ils pourraient se diriger vers une offre premium ou repenser complétement leur business.