L’UFC demande à Bruxelles de revoir sa copie sur son projet d’itinérance internationale

 
L’UFC Que Choisir s’inquiète, dans son dernier communiqué de presse, de l’avant projet de la Commission Européenne sur l’itinérance internationale qui envisage des prix "très loin de l’ambition de mettre en place un grand marché unique des télécommunications".
 
En effet, le document mentionne des prix de 24C€ HT par minute pour les appels sortant, 8 C€ pour les SMS et 50 C€ par minute pour les données. Des tarifs qui iraient à l’encontre d’une volonté de convergence des prix en roaming vers les prix nationaux pour atteindre la parfaite adéquation d’ici 2015 note l’association.

Avec ces prix, l’association de consommateurs estime que les tarifs proposés dans la première version du règlement « itinérance » ne peuvent permettre d’atteindre cet objectif fondamental pour la mise en place d’une Europe des Télécommunications :
 

-  Pour les appels : la Commission propose un plafonnement à 24C€/minute HT pour les appels émis alors même que le prix moyen des appels nationaux était en 2009 de 13 C€/minute ! Les appels reçus restent payants, pourtant aucun pays en Europe ne pratique, aujourd’hui, ce mode de tarification pour les appels nationaux. Ces prix sont d’autant plus incompréhensibles que la Terminaison d‘Appel Mobile (c’est-à-dire le prix que se facturent les opérateurs mobiles pour interconnecter leur réseau) va converger en 2015 à moins de 1 C€/minute (0,8 C€/minute en France) contre plus de 6 C€/minute en moyenne en Europe en 2009.

-  Pour les SMS : comment justifier un prix de 8 C€/minute quand on sait qu’un SMS équivaut en terme de données transmises à un appel de 0,1167 seconde ?

-  Concernant la 3G, si l’association se réjouit de la création d’un plafond pour le marché de détail, ce qui devrait permettre d’empêcher certains dérapages tarifaires connus ces dernières années, elle ne peut qu’être critique quant au niveau auquel il semble être établi. Le plafond fixé à 50 C€/minute est supérieur à ce que l’on peut déjà observer dans les offres de certains opérateurs et jusqu’à 56 fois plus élevé que ce que l’on peut observer sur certains marchés nationaux. En Suède, par exemple, en 2009 le Mo était facturé 0,9 C€/minute.
 
Ainsi, l’UFC Que choisir demande à Bruxelles de revoir sa copie en baissant les plafonds afin de faire baisser la facture « d’itinérance » des consommateurs européens et de créer une concurrence intra-européenne.