Piratage : un service gratuit populaire quitte à son tour la France face aux obligations de bloquer certains sites
Quad9, qui propose le résolveur DNS gratuit 9.9.9.9, cessera de servir les internautes français à partir du 24 novembre 2026. La fondation suisse refuse de bloquer 58 sites diffusant illégalement des compétitions sportives, comme l’exige la justice à la demande de beIN Sports.
C’est un départ qui pourrait obliger de nombreux internautes à modifier leurs paramètres réseau. Quad9, un service DNS gratuit qui protège notamment contre les sites malveillants et les tentatives d’hameçonnage, annonce qu’il cessera de fonctionner en France le 24 novembre 2026. Dans un billet publié le 22 octobre, la fondation suisse explique son refus de bloquer des sites diffusant illégalement des contenus sportifs. Parmi ses utilisateurs et partenaires français figurent notamment la SNCF, EDF, France Travail et RENATER, le réseau des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
Un désaccord avec la justice sur le blocage de sites pirates
L’affaire remonte au mois de mai. beIN Sports, détenteur des droits du circuit féminin de tennis WTA, a obtenu du tribunal judiciaire de Paris une décision imposant à plusieurs résolveurs DNS de bloquer des sites diffusant illégalement les matchs. La liste est passée de six à 58 noms de domaine.
Google et DNS4EU ont appliqué le blocage, contrairement à Quad9, qui défend la neutralité de la résolution DNS. « Nous refusons catégoriquement d’altérer ou de vous mentir sur les réponses DNS que vous recevez contre vos attentes », explique la fondation.
Après le refus de Quad9, beIN Sports a réclamé une astreinte de 10 000 euros par jour et par domaine. Le 21 octobre, le tribunal a finalement fixé la pénalité à 1 000 euros par jour au total, Quad9 a fait appel. Quad9 explique ne pas pouvoir identifier de façon suffisamment fiable les utilisateurs situés en France. Un filtrage géographique fondé sur les adresses IP peut être contourné, notamment avec un VPN. La fondation refuse également d’appliquer à l’ensemble de ses utilisateurs dans le monde une décision prise par la justice française. Elle affirme par ailleurs faire face à d’autres procédures en France portant sur des centaines de domaines, et estime ne pas pouvoir supporter l’accumulation des pénalités financières.
Quad9 n’est pas le premier service à quitter la France dans ce contexte. OpenDNS, propriété de Cisco, avait déjà suspendu son service dans le pays en 2024 après une décision obtenue par Canal+.