Votre téléphone affiche soudainement « pas de réseau » ? Les gendarmes alertent sur une arnaque en pleine croissance
Le SIM swapping reprend de l’ampleur et inquiète les forces de l’ordre. Plusieurs gendarmeries alertent sur cette escroquerie qui commence généralement par une usurpation d’identité auprès de l’opérateur mobile.
La gendarmerie de la Meuse, comme celle de la Somme quelques jours plus tôt, appelle à la vigilance face au retour en force du SIM swapping. Cette technique permet à des escrocs de prendre le contrôle d’un numéro de téléphone et, dans certains cas, de contourner la double authentification pour accéder aux comptes de leurs victimes.
Le principe du SIM swapping consiste à faire transférer le numéro de téléphone d’une victime vers une nouvelle carte SIM ou une eSIM contrôlée par l’escroc. Pour y parvenir, ce dernier récupère d’abord suffisamment d’informations personnelles sur sa cible pour se faire passer pour elle auprès de son opérateur. Il peut alors demander le remplacement de la carte SIM ou son activation sous forme d’eSIM sur un autre téléphone. La victime perd brutalement son réseau, tandis que l’escroc reçoit à sa place les appels et les SMS, notamment les codes de validation envoyés par certaines banques et services en ligne.
La gendarmerie de la Meuse signale notamment comme signes d’alerte l’apparition des messages « Pas de réseau » ou « Appels d’urgence uniquement », ainsi que la réception d’e-mails signalant des changements de mots de passe que l’on n’a pas effectués. La gendarmerie de la Somme avait elle aussi alerté le 27 août sur la recrudescence de cette escroquerie, preuve que le phénomène ne concerne pas uniquement un département.
Le numéro de téléphone peut devenir la clé de vos comptes
Une fois le numéro détourné, les conséquences peuvent être importantes. L’escroc peut recevoir les codes de double authentification par SMS, tenter de réinitialiser des mots de passe ou encore effectuer certaines opérations bancaires. Le SIM swapping permet également une usurpation d’identité, puisque le pirate peut utiliser le numéro de la victime pour envoyer des messages ou contacter des proches et des services.
Cette technique est d’autant plus problématique que le numéro de téléphone reste encore utilisé comme moyen de validation par de nombreux services. En cas de coupure inexpliquée du réseau mobile, contactez immédiatement votre opérateur afin de vérifier qu’une nouvelle SIM ou eSIM n’a pas été activée sur votre ligne. Si un détournement est confirmé, demandez la désactivation de la nouvelle carte et la réactivation de l’ancienne.
Si des opérations frauduleuses ont été réalisées, contactez également votre banque sans attendre et déposez plainte. Pour limiter les risques, les gendarmes recommandent notamment de privilégier, lorsque c’est possible, une application d’authentification comme Google Authenticator ou Microsoft Authenticator plutôt que les codes reçus par SMS. Il est également conseillé d’utiliser un mot de passe robuste pour son compte opérateur et de limiter la quantité d’informations personnelles publiées en ligne. Enfin, méfiance face aux messages ou appels demandant des informations personnelles : ces données peuvent ensuite être utilisées pour convaincre un opérateur qu’un escroc est réellement le titulaire de la ligne.