Face à l’explosion des besoins liés au cloud et à l’intelligence artificielle, Orange s’allie au fonds d’investissement Morrison pour créer une coentreprise dédiée aux data centers. L’objectif : bâtir une plateforme souveraine de grande envergure en France.
Orange veut passer à la vitesse supérieure dans les infrastructures numériques et s’en donne les moyens. L’opérateur historique a annoncé le 27 juillet la signature d’un accord d’exclusivité avec Morrison en vue de créer une coentreprise spécialisée dans les data centers en France, avec un programme d’investissement de 3 milliards d’euros. Dans le détail, ce projet s’appuiera sur cinq data centers déjà exploités par Orange, répartis sur quatre campus (Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil). L’ambition est de porter la capacité totale à 400 MW, soit près de dix fois la capacité actuelle, afin de répondre à la forte demande générée par le cloud, l’intelligence artificielle et le traitement massif des données. Si Orange apportera ses infrastructures et son savoir-faire, Morrison financera une grande partie du développement grâce à son expertise dans les infrastructures. À terme, Orange Business deviendrait le partenaire exclusif pour commercialiser les offres de colocation et d’hébergement de cette future plateforme auprès des entreprises et des acteurs publics.
“La demande mondiale en capacités d’hébergement connaît une croissance sans précédent, portée par l’essor de l’intelligence artificielle, du cloud computing et du traitement massif des données. En développant cette nouvelle plateforme, Orange et Morrison contribueraient à positionner la France comme un territoire de référence pour les infrastructures numériques, avec des solutions opérées en France et adaptées aux acteurs de premier plan l’IA et du cloud. La plateforme bénéficierait de l’une des électricités les plus décarbonées d’Europe et viserait les plus hauts standards en matière d’efficacité énergétique et de performance environnementale”, annonce un communiqué.
Il s’agit aussi de souveraineté numérique européenne. Hébergées en France et alimentées par une électricité parmi les plus décarbonées d’Europe, ces infrastructures doivent permettre de proposer des services cloud et IA répondant aux exigences européennes en matière de sécurité, de disponibilité et de protection des données. La signature définitive de l’accord est attendue d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des autorisations réglementaires, pour une finalisation de l’opération visée au premier trimestre 2027. Ce projet n’est pas sans rappeler l’initiative dévoilée l’année dernière par Iliad qui avait annoncé, en partenariat avec EDF, son intention de construire un immense data center sur le site de l’ancienne centrale thermique de Montereau-Vallée-de-la-Seine. Estimé à 4 milliards d’euros, ce futur centre de calcul de plusieurs centaines de mégawatts ambitionne lui aussi de répondre à l’explosion des besoins en intelligence artificielle et en cloud, tout en renforçant la souveraineté numérique française et européenne.
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