Après plusieurs affaires de piratage très médiatisées, le Sénat pourrait se saisir du sujet des fuites de données. Une sénatrice dénonce une situation devenue incontrôlable.
Les cyberattaques et les fuites de données se multiplient en France, touchant aussi bien les grandes entreprises, dont les opérateurs comme Bouygues Telecom récemment, que les services publics. Face à cette succession d’incidents, la sénatrice centriste Nathalie Goulet demande la création d’une commission d’enquête au Sénat pour faire la lumière sur les failles de cybersécurité et leurs conséquences sur la souveraineté numérique française.
Ces derniers mois, plusieurs affaires majeures ont alimenté les inquiétudes autour de la protection des données personnelles. La fuite ayant touché l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) fin avril, avec plusieurs millions de comptes concernés, a notamment relancé le débat sur la capacité des institutions et des entreprises à sécuriser leurs systèmes informatiques.
Dans une proposition de résolution déposée au Sénat, Nathalie Goulet estime qu’il devient nécessaire de dresser un état des lieux précis de la situation. L’objectif serait d’identifier les causes des failles, les responsabilités éventuelles et les limites des dispositifs actuellement en place. « Le mouvement est quotidien, il faut que ça s’arrête », affirme la sénatrice, qui décrit une situation devenue incontrôlable avec une formule choc : « C’est France passoire ! ».
L’élue de l’Orne souhaite également interroger l’utilisation des budgets consacrés à la cybersécurité et les choix stratégiques effectués ces dernières années. Selon elle, les nombreuses attaques révélées récemment montrent que les investissements et les dispositifs de protection n’ont pas toujours été à la hauteur des enjeux.
Sa proposition est cosignée par 37 sénateurs du groupe Union centriste. Pour être mise en place, cette commission d’enquête devra toutefois être validée par les instances du Sénat lors d’une prochaine conférence des présidents, prévue début juin. « Il faut un état des lieux, déterminer les responsables. À un moment, il y a eu des budgets dépensés, des consultants nommés, des choix stratégiques, il faut peut-être que dans cette République de l’irresponsabilité complète, on finisse par parler de responsabilité », poursuit-elle.
Au-delà du constat, cette éventuelle commission pourrait déboucher sur de nouvelles recommandations pour renforcer la protection des données et améliorer la réponse de l’État face aux cyberattaques. Le sujet prend d’autant plus d’importance que les fuites de données concernent désormais des millions de Français et exposent régulièrement des informations sensibles utilisées ensuite dans des campagnes de phishing ou d’escroqueries ciblées.
Source : Public Sénat
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