Netflix maintient son projet de rachat des actifs de Warner Bros malgré l’offensive de Paramount.
Netflix n’a pas l’intention de revenir sur son projet d’acquisition d’actifs de Warner Bros Discovery. Dans une lettre adressée lundi à leurs employés, les co-directeurs généraux du groupe, Greg Peters et Ted Sarandos, ont affirmé que la stratégie du géant du streaming restait inchangée, malgré l’offensive hostile lancée par Paramount.
Début décembre, Netflix avait obtenu l’aval de Warner Bros pour une opération valorisant à 72 milliards de dollars les studios de télévision et de cinéma ainsi que les activités de streaming du groupe. Cette avancée a été suivie de l’annonce d’une offre hostile de Paramount, associée à Skydance, évaluée à 108,4 milliards de dollars en valeur d’entreprise pour l’ensemble de Warner Bros Discovery, une initiative que Netflix juge « tout à fait prévisible ».
Dans leur courrier, les dirigeants de Netflix ont également insisté sur leur volonté de préserver et de renforcer la distribution en salles des films de Warner Bros. « Nous n’avons pas privilégié la distribution en salles par le passé car ce n’était pas notre activité chez Netflix. Une fois cette acquisition finalisée, nous serons pleinement engagés dans ce secteur », écrivent-ils, soulignant que l’exploitation en salles constitue « une partie importante de leur activité et de leur héritage ».
L’opération soulève toutefois des interrogations sur le plan réglementaire, dans un contexte de surveillance accrue des grandes plateformes technologiques. Netflix se dit confiant quant à l’obtention des autorisations nécessaires, estimant que cette acquisition est essentielle pour rivaliser avec la domination de YouTube sur le marché de la vidéo. Le groupe avance que, même après une fusion avec Warner Bros, sa part de visionnage aux États-Unis ne passerait que de 8 % à 9 %, contre 13 % pour YouTube et 14 % dans l’hypothèse d’un rapprochement entre Paramount et Warner Bros Discovery.
Des avocats spécialisés estiment néanmoins que le ministère américain de la Justice pourrait ne pas considérer Netflix et YouTube comme des concurrents directs, en raison de différences marquées dans leurs contenus, leurs publics et leurs modèles économiques. Sur le plan social, Netflix a tenu à rassurer en affirmant que l’accord n’entraînerait aucune fermeture de studio, alors que le secteur s’inquiète de potentielles suppressions d’emplois liées à l’essor de l’intelligence artificielle. De son côté, Paramount a également déclaré ne pas envisager de réduire ses budgets de production et prévoit de gérer ses deux studios de manière indépendante.
Source : Reuters
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