À l’issue de l’événement FT-Connect Europe à Bruxelles ce 23 septembre, Orange s’est joint à d’autres patrons des télécoms pour soutenir une stratégie européenne ambitieuse dans l’IA, adossée à des réseaux gigabit plus robustes et innovants. « La connectivité est un atout stratégique pour la résilience et la compétitivité de l’Europe », ont martelé les signataires.
Dans une lettre commune, huit dirigeants européens, dont Christel Heydemann (Orange), appellent à accélérer aujourd’hui l’« AI Continent Action Plan » de la Commission, y compris le lancement de « Gigafactories de l’IA », et à investir massivement dans des centres de données, le cloud et l’edge pour rapprocher le calcul des usages. Les signataires, comme Deutsche Telekom, TIM, Telefónica, Meo, A1 Telekom Austria Group ou encore KPN, soulignent que le trafic des data centers lié à l’IA pourrait croître d’environ 50 % par an et que « les réseaux fixes et mobiles sont au cœur » de la délivrance des services d’IA pour les entreprises, les particuliers et les pouvoirs publics.
Les PDG demandent une « Digital Networks Act » réellement ambitieuse et une réforme des lignes directrices européennes sur les fusions pour permettre des consolidations pro-investissement au sein des marchés, condition jugée indispensable pour financer les réseaux et soutenir la compétitivité. Ils renvoient aussi aux recommandations du rapport Draghi et à la « Boussole de la compétitivité ».
Orange met en avant l’IA pour planifier, superviser et réparer ses réseaux, accélérer l’assistance et renforcer la cybersécurité, autant de briques déjà engagées par l’opérateur. Plus tôt cette année, Christel Heydemann parlait d’une « nouvelle révolution pour notre secteur », insistant sur la convergence IA-connectivité et sur l’enjeu de bâtir un écosystème européen ouvert et innovant.
L’alignement d’Orange intervient alors qu’Iliad a annoncé en février un plan de 3 milliards d’euros pour muscler l’infrastructure IA en Europe (centres de données, puissance GPU via sa filiale OpCore) et des partenariats applicatifs, illustrant la course à la capacité de calcul souveraine.
À court terme, ces engagements peuvent se traduire par des réseaux plus performants (fixe et mobile) et plus fiables, une meilleure protection face aux cyberattaques et des services enrichis par l’IA (personnalisation, assistance proactive). À moyen terme, l’objectif est de doter l’UE d’une chaîne de valeur IA compétitive, du calcul à la distribution, pour réduire la dépendance extérieure, conformément au plan « AI Continent »
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