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Brèves

La bande 6 GHz au centre “d’une lutte acharnée” entre le WiFi et une utilisation sur les réseaux mobile, un compromis envisagé

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La bande 6 GHz au cœur d’un bras de fer entre WiFi et réseaux mobiles, mais une cohabitation est envisagée, malgré un vrai challenge technique.

La bande 6 GHz, ressource précieuse du spectre radio, est devenue le théâtre d’un affrontement intense entre deux technologies centrales du numérique : le WiFi, utilisé massivement à l’intérieur des bâtiments, et les réseaux mobiles, qui misent sur cette bande pour absorber la croissance du trafic, notamment vis-à-vis de l’arrivée de la 6G. Si pendant longtemps, l’idée même d’un partage de cette bande entre les deux usages semblait illusoire, un rapport technique de la CEPT (ECC 366), dont la publication est attendue prochainement vient bousculer cette certitude.

Jusqu’à récemment, les experts radio excluaient tout usage simultané de la bande 6 425-7 125 MHz (résumée en 6GHz) par le WiFi et les réseaux mobiles. Les risques de brouillage, notamment en zone urbaine dense, rendaient la coexistence inenvisageable. Pourtant, la CEPT, avec le soutien de la Commission européenne, a lancé une analyse approfondie, inédite par sa rigueur et son ambition : explorer un compromis pour répondre aux besoins croissants de connectivité, tout en limitant les conflits techniques.

Un compromis : WiFi à l’intérieur, mobile à l’extérieur

La piste jugée la plus prometteuse repose sur une séparation physique et fonctionnelle : réserver l’usage du WiFi à l’intérieur des bâtiments, et limiter l’usage mobile à l’extérieur en réduisant drastiquement la puissance des stations de base. Cette approche, proposée par le Royaume-Uni, s’appuie sur trois arguments clés :

  • La montée des bâtiments à haute performance thermique, qui freinent naturellement les ondes ;
  • La capacité croissante des opérateurs à s’appuyer sur les réseaux WiFi pour compléter leur couverture mobile ;
  • Un bilan énergétique plus favorable au WiFi, en phase avec les exigences environnementales.

Mais cette stratégie n’est pas sans contreparties : pour les opérateurs mobiles, cela implique d’investir dans une bande sans pouvoir servir directement les usagers en intérieur, soit la majorité du trafic mobile. Cela pourrait aussi conduire à des zones de couverture partielle et à une complexification du réseau, rendant le modèle économique moins viable.

Le défi technique : mieux détecter les signaux adverses

La clé de voûte d’un partage réussi repose également sur la capacité des équipements à détecter les signaux de l’autre technologie afin d’éviter les interférences. Trois scénarios sont à l’étude :

  • Diffusion par les stations mobiles d’un signal-balise compatible WiFi, déjà en test en Amérique du Nord.
  • Capacité pour les points d’accès WiFi de détecter le signal de synchronisation mobile (SSB), ce qui nécessiterait une refonte du standard WiFi.
  • Une solution neutre, via un signal simplifié (OOK) compris par les deux technologies, mais imposant des modifications normatives des deux côtés.

Dans tous les cas, la pérennité de ces solutions est un point d’attention : normaliser un signal, c’est aussi fixer des limites à l’évolution future des deux technologies, ce qui appelle à la prudence. Au fil de ses travaux, la CEPT a également évoqué des zones tampon (bandes de garde) pour limiter les interférences, et la possibilité d’élargir l’accès total à la bande aux équipements WiFi dans des zones non couvertes par les réseaux mobiles. Si ces idées restent encore théoriques, elles illustrent la volonté d’adapter l’usage des fréquences à la réalité du terrain.

 

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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