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Brèves

Canal+ pourrait finir par diffuser les films neuf mois après leur sortie en salle suite aux nouveaux droits acquis par Disney+

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En menaçant de baisser ses investissements dans le cinéma, Canal+ se voit aussi opposer le fait qu’il pourrait perdre sa fenêtre de diffusion des films à 6 mois. 

Depuis quarante ans, Canal+ joue un rôle central dans le financement du cinéma français, mais les discussions pour renouveler son engagement sur les trois prochaines années sont au point mort. La raison principale de cette impasse réside dans l’arrivée de Disney+, qui a signé un accord de financement avec le secteur, suscitant la colère de Maxime Saada, président du directoire de Canal+. Ce dernier compare cette situation à l’épisode Mediapro dans le football, où un nouvel acteur a bouleversé le marché avant de faillir, laissant le secteur en crise. Alors que le précédent accord, qui prévoyait un investissement annuel de 220 millions d’euros de Canal+, a expiré au 31 décembre, les négociations traînent et la possibilité d’un non-accord est même évoquée, ce qui pourrait plonger le cinéma français dans l’incertitude.

Face à ces tensions, Canal+ a publiquement exprimé son mécontentement, notamment lors d’une audition devant le Sénat où Maxime Saada a dénoncé un manque de vision industrielle dans la gestion du secteur cinématographique. Il a proposé un nouvel engagement de 1,1 milliard d’euros sur cinq ans, mais avec des montants réduits les trois premières années, une proposition refusée par les organisations du cinéma. La chaîne cryptée a également menacé de revoir son investissement à la baisse, au seuil réglementaire de 130 millions d’euros, ce qui lui ferait perdre sa fenêtre de diffusion privilégiée à six mois après la sortie en salle. Ce changement pourrait bouleverser l’écosystème actuel et contraindre Canal+ à réviser sa stratégie de diffusion et de financement du cinéma français.

Dans ce contexte tendu, Disney+ a su se positionner en investissant 37 millions d’euros par an, ce qui lui permet d’obtenir une fenêtre de diffusion à neuf mois. La législation encadrant ces accords repose sur un pourcentage du chiffre d’affaires, et Disney a ainsi légitimement gagné sa place dans la chronologie des médias. Cette situation met Canal+ face à un dilemme stratégique, d’autant que son introduction en Bourse en décembre dernier et la baisse de son cours de 15 % ajoutent une pression supplémentaire sur sa direction. En attendant une reprise des discussions, le secteur du cinéma pourrait se tourner vers d’autres plateformes, comme Netflix, qui investit actuellement 50 millions d’euros par an et cherche à réduire son délai de diffusion de quinze à douze mois. Les négociations à venir s’annoncent cruciales pour l’avenir du financement du cinéma français.

Source : Les Echos

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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