Suppression d’emplois chez Nokia : Bercy intervient

Suppression d’emplois chez Nokia : Bercy intervient

 

La réaction de Bercy ne s’est pas faite attendre. Alors qu’un porte parole de Nokia a déclaré il y a une semaine que le groupe envisage de supprimer 597 postes en France d’ici 2019, le secrétaire d’État à l’Économie Benjamin Griveaux reçoit, ce matin à 11h45, les partenaires sociaux, élus et direction du géant finlandais. 

Invité lundi dernier sur France Inter, le secrétaire d’Etat est d’ailleurs monté au créneau, martelant qu’au niveau des recrutements promis par Nokia, le compte n’y est pas : «On ne peut pas dire il y a moins de deux ans au ministre de l’Économie et des finances qu’on va procéder à des embauches, et deux ans plus tard supprimer 600 emplois et ne pas avoir procédé aux embauches nécessaires»

A présent, ce dernier a besoin d’en savoir plus sur la réalité de la situation afin de prendre des actions nécessaires. Sont d’ailleurs concernées par cette suppression d’emplois les fonctions centrales et support des filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks dans l’Essonne et les Côtes-d’Armor, sur un total de 4200 employés. 

 

 

Pour rappel, après avoir supprimé 400 emplois en 2016 à la suite du rachat d’Alcatel Lucent, Nokia, en difficulté financière, continue son écrémage et justifie ses actions par un plan de sa maison-mère visant à dégager 1,2 milliard d’euros d’économie à l’horizon 2018. Le groupe a décidé de faire de la France un pôle d’excellence en termes de recherche-développement sur la 5G, la cybersécurité et l’internet des objets. 

A en croire l’intersyndicale, la direction de Nokia s’était engagée auprès d’Emmanuel Macron alors ministre de l’économie, à renforcer le secteur de la recherche et développement en le portant à 2.500 ingénieurs et chercheurs à fin 2019. Un engagement loin d’être tenu puisque "seulement 20% des 500 recrutements nécessaires ont été réalisés à ce jour". D’après la CGT, les emplois supprimés vont « être délocalisés dans des pays à bas coûts, l’Europe de l’Est essentiellement ».