Alors que Bouygues Télécom a publié ses résultats 2016 hier renouant ainsi avec les bénéfices, son patron Olivier Roussat en a profité pour répondre aux questions de l’Opinion et s’est notamment penché sur le marché à quatre opérateurs. A ses yeux, l’opérateur a assez d’armes pour continuer en solo.
Dans les lignes du quotidien, le PDG sous-entend d’ailleurs être pour le maintien d’un marché à quatre opérateurs, la coexistence n’est pas problématique pour lui, bien au contraire : « Oui, le marché à quatre est devenu totalement viable et rentable. L’arrivée de Free a nécessité des adaptations en profondeur, à la fois du secteur et des entreprises elles-mêmes. Le mode de distribution a changé : la majorité des points de vente spécialisés dans la téléphonie mobile ont disparu. Ce sont des coûts commerciaux en moins pour les opérateurs, qui utilisent de plus en plus Internet dans leurs relations avec leurs clients. Ce changement, accompagné d’une baisse des subventions pour les nouvelles offres vendues sans terminal mobile associé, a aussi permis de réaliser des économies, mais elles sont insuffisantes pour compenser la baisse des factures. »
De ce fait les opérateurs ont modifié leur manière de fonctionner, en « optimisant les investissements d’infrastructure » et ont revu « l’ensemble de leur structure de coûts. Tout ce travail de transformation a porté ses fruits chez Bouygues Télécom. »
Rappelant que Free était au départ « déjà formaté pour ce modèle », Olivier Roussat rapporte que SFR y travaille et qu’Orange est moins concerné eu égard à sa taille. Cependant cette restructuration a eu des conséquences notables puisqu’elle a engendré « la destruction de plusieurs milliers de postes non délocalisables ».
Enfin, ce dernier l’avoue, il a fallu cinq ans à Bouygues Télécom afin « d’absorber le choc d’un quatrième entrant très combatif. » Et cela est passé par un changement de ligne début 2016, celui de « suivre les démarches promotionnelles agressives de nos concurrents. Nous leur avons ainsi systématiquement répliqué », c’est à dire en recrutant énormément d’abonnés via des opérations sur internet. « A chaque fois nous avons été l’opérateur a récupérer le plus de clients. »
En 2016, Bouygues Télécom est donc redevenu rentable pour le groupe et semble disposer à présent de "tous les moyens pour continuer son développement", seul. A moins que Martin Bouygues n’arrête de botter en touche quant à un rachat par Orange, cette fois réussi.
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