Fibre : une proposition de loi veut empêcher la fermeture de l’ADSL là où le réseau n’est pas prêt
Alors que la fermeture progressive du réseau ADSL se poursuit en France, des millions de locaux restent encore à raccorder à la fibre optique. L’Avicca veut éviter que certains foyers se retrouvent sans solution fixe et prévoit de proposer au gouvernement une loi pour interdire la fermeture du cuivre dans les villes où le déploiement de la fibre n’est pas terminé.
La transition vers la fibre optique pourrait devoir s’adapter au rythme réel du déploiement. Si cette technologie est désormais disponible pour la grande majorité des foyers français, de nombreux locaux restent encore à raccorder. Or, le calendrier de fermeture du réseau cuivre, qui permet notamment de fournir l’ADSL, continue d’avancer. Pour l’Avicca, l’association des collectivités engagées dans le numérique, ces deux chantiers risquent de se télescoper. D’après les derniers chiffres de l’Arcep cités par l’association, plus de 95 % des locaux sont éligibles à la fibre, mais environ 2,1 millions de prises restent à raccorder. L’Avicca s’inquiète notamment du ralentissement du déploiement, y compris dans certaines zones très denses, où les raccordements sont pourtant considérés comme plus rentables pour les opérateurs.
L’Avicca veut conditionner la fermeture du cuivre à l’arrivée de la fibre
Selon Le Monde, Ariel Turpin, délégué général de l’Avicca, a annoncé lors de l’Université de la transition numérique des territoires, organisée à Pau, son intention de présenter au gouvernement une proposition de loi d’ici à la fin du mois d’octobre. L’objectif serait d’interdire la fermeture du réseau cuivre dans les villes où le déploiement de la fibre optique n’est pas achevé. Les foyers et les locaux qui ne peuvent pas encore bénéficier d’un raccordement à la fibre pourraient ainsi conserver leur accès à l’ADSL, le temps que le nouveau réseau soit effectivement disponible.
Cette proposition viserait à mieux coordonner les deux calendriers : celui de l’extinction progressive du réseau historique et celui du déploiement de son successeur. Pour les collectivités, il s’agit d’éviter que des habitants soient contraints d’abandonner leur connexion cuivre alors qu’aucune solution fibre n’est accessible à leur adresse. La situation inquiète l’Avicca depuis plusieurs mois. L’association estime que le rythme actuel des raccordements pourrait repousser l’achèvement du chantier de plusieurs années dans certains territoires. Les zones très denses ne sont pas épargnées, malgré leur potentiel économique. En parallèle, Orange poursuit le processus de fermeture de son réseau cuivre, avec des échéances progressives qui concernent les communes selon un calendrier établi. L’enjeu est donc de s’assurer que la disparition de l’ADSL ne précède pas la disponibilité effective de la fibre pour les derniers locaux concernés.