SFR : des milliers de salariés en grève réclament davantage de garanties

SFR : des milliers de salariés en grève réclament davantage de garanties

Près d’un millier de salariés se sont rassemblés jeudi devant le siège d’Altice France à Paris, alors que 3 500 employés de SFR étaient en grève selon les syndicats. Au cœur de la colère : les conditions de reprise et de reclassement prévues dans le cadre du démantèlement de l’opérateur.

« SFR, c’est nous ! » Jeudi après-midi, environ un millier de salariés se sont réunis devant le siège d’Altice France, dans le XVe arrondissement de Paris, à l’appel de l’intersyndicale. Selon les syndicats, 3 500 salariés étaient en grève.

La mobilisation intervient alors que le projet de cession de SFR se précise. Le protocole signé le 6 juin prévoit le partage de l’opérateur entre Bouygues Telecom, Free et Orange, pour une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros. L’opération doit encore être examinée par l’Autorité de la concurrence. Mais pour les quelque 8 000 salariés concernés par le périmètre vendu, l’incertitude reste importante malgré l’engagement des repreneurs de garantir les emplois jusqu’au début de 2029.

Le consortium estime que 5 000 salariés pourraient rejoindre les trois opérateurs. Environ 2 500 transferts sont déjà identifiés, dont 2 300 vers Bouygues Telecom, auxquels s’ajoutent les équipes de 120 boutiques. Ce chiffre comprend également des propositions individuelles de CDI, avec des conditions salariales et un poste comparable dans la même ville, selon une source proche des repreneurs.

Les syndicats réclament toutefois trois propositions de reclassement au lieu d’une seule et demandent des garanties supplémentaires pour Altice Technical Services (ATS), qui ne fait pas partie du périmètre de la vente. La CFDT évoque de « timides avancées », mais estime que les principaux points de désaccord restent encore sans réponse.

Les repreneurs ont également amélioré leur dispositif d’accompagnement. Selon les informations rapportées par Les Echos, leur proposition aurait été relevée d’environ 15 % lors d’une réunion lundi avec les représentants du personnel. L’offre atteindrait désormais environ 77 % du niveau du plan de départs volontaires de 2021, contre 67 % au début des discussions. Pour un salarié de boutique rémunéré 2 500 euros net par mois, les mesures pourraient représenter environ 100 000 euros en cas de départ. L’enveloppe globale consacrée à ces dispositifs serait ainsi passée d’environ 800 millions à près d’un milliard d’euros.

Tous les salariés ne seront toutefois pas transférés chez les repreneurs. Environ 3 000 personnes resteraient chez SFR pour assurer la migration des activités et des réseaux, une opération qui pourrait s’étaler jusqu’en 2031 ou 2032. Ces salariés bénéficieraient ensuite d’une priorité d’embauche sur les postes disponibles ou pourraient accéder aux mesures de départ. Une priorité qui ne constitue toutefois pas une garantie de reclassement. De leur côté, les futurs propriétaires cherchent également à conserver suffisamment de salariés pour assurer la continuité des activités pendant cette longue phase de migration.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox