Data centers IA : Iliad s’impatiente face aux délais français, avec des autorisations qui prennent toujours “une éternité”

Data centers IA : Iliad s’impatiente face aux délais français, avec des autorisations qui prennent toujours “une éternité”

Iliad veut accélérer dans l’intelligence artificielle, mais estime que les délais administratifs français freinent ses ambitions. Le groupe a sécurisé les terrains et l’électricité nécessaires à ses futurs data centers, mais pourrait attendre jusqu’à deux ans et demi avant de lancer les travaux.

L’intelligence artificielle prend une place croissante dans la stratégie d’Iliad. Lors de la présentation de ses résultats du premier semestre 2026, le groupe de Xavier Niel a notamment fait le point sur ses activités dans le cloud et l’IA. Iliad ne communique toujours pas les revenus détaillés de Scaleway et Kyutai, mais revendique une croissance de 50 % de son activité cloud.

Pour répondre à l’explosion des besoins en puissance de calcul, le groupe prévoit également de renforcer ses infrastructures en France.

Des sites et de l’électricité déjà sécurisés

Pour Thomas Reynaud, deux sujets sont à aborder lors que l’on parle de datacenters dédiés à l’IA: le premier est “la sécurisation des terrains et l’accès à l’électricité“. Iliad indique avoir sécurisé deux sites français pour accueillir des centres de calcul dédiés à l’IA. Le principal se situe sur l’ancienne centrale thermique EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine, en Seine-et-Marne. Le site s’étend sur environ 20 hectares et bénéficie d’un raccordement électrique pouvant atteindre 700 MW. L’investissement prévu s’élève à environ 4 milliards d’euros.

Reste toutefois un obstacle majeur, et c’est sur ce deuxième point que Thomas Reynaud est le plus critique : les autorisations administratives, “c’est juste l’application de la loi, elle s’impose à tous”, concède-t-il, mais “on peut regretter” qu’il faille compter “deux à deux ans et demi” avant de pouvoir lancer la construction d’un data center de cette taille, même en l’absence de recours. Un délai jugé problématique alors que les infrastructures d’IA doivent être déployées rapidement. Thomas Reynaud avait déjà dénoncé la longueur des procédures françaises, évoquant en début d’année des délais pouvant atteindre trois ans pour certains projets, et Iliad avait même publié une liste de recommandations pour améliorer la situation.

Iliad souligne que les cycles de l’IA sont bien plus rapides que ceux des télécoms. Alors qu’un réseau mobile se déploie sur plusieurs années, les technologies et les modèles d’IA évoluent en quelques mois. Attendre deux ans avant de construire une infrastructure peut donc rendre un projet moins pertinent, voire technologiquement dépassé, au moment de sa mise en service.

Le groupe appelle ainsi à accélérer les procédures administratives et s’interroge également sur une éventuelle préférence européenne pour l’attribution de ressources stratégiques, notamment les sites industriels déjà raccordés à de fortes capacités électriques.

Iliad entend poursuivre ses investissements dans l’IA avec Scaleway, sa filiale cloud, et Kyutai, le laboratoire de recherche financé par Xavier Niel. De nouvelles annonces sont attendues le 13 octobre 2026, lors d’ai-PULSE, la conférence annuelle de Scaleway. Kyutai pourrait notamment présenter de nouveaux travaux. Après ses recherches sur les modèles vocaux, le laboratoire s’intéresserait davantage aux « world models », conçus pour mieux comprendre et représenter le monde réel.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox