Le transit reste le principal mode d’acheminement des données sur les réseaux de Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom. Mais derrière cette réalité commune se cache une différence majeure : Orange s’appuie beaucoup plus que ses concurrents sur le transit grâce à sa filiale Open Transit International, quand les trois autres opérateurs privilégient davantage les échanges directs entre réseaux, appelés peering.
Derrière chaque vidéo Netflix, recherche Google ou publication sur les réseaux sociaux se cache un vaste réseau d’interconnexions entre opérateurs, fournisseurs de contenus et acteurs techniques. Dans son rapport annuel sur l’état de l’internet, l’Arcep met en lumière une particularité d’Orange qui le distingue de Free, Bouygues Telecom et SFR, à savoir la place beaucoup plus importante qu’y occupe le transit Internet. Selon l’Arcep, au second semestre 2025, le trafic entrant sur les réseaux des quatre principaux opérateurs français provient essentiellement du transit (55,2 %) et du peering privé (43,2 %), tandis que le peering public ne représente qu’environ 1,5 % des échanges. Mais derrière cette moyenne se cache une différence importante entre Orange et ses concurrents.
L’Arcep explique que « la part élevée du transit s’explique en grande partie par le trafic de transit entre Open Transit International (OTI), Tier 1 appartenant à Orange, et le Réseau de Backbone et de Collecte Internet d’Orange (RBCI), qui permet d’acheminer le trafic vers les clients finals de ce FAI. » Autrement dit, Orange ne se contente pas de raccorder ses propres abonnés à Internet. Avec Open Transit International, le groupe exploite également un important réseau international de transport de données reliant de nombreux acteurs du numérique à travers le monde.
À l’inverse, le régulateur précise que « ce taux de transit est beaucoup moins élevé chez les autres FAI, qui, n’ayant pas d’activité de transitaire, font davantage appel au peering. » Le peering consiste à établir des interconnexions directes entre réseaux afin d’échanger du trafic sans passer par un intermédiaire. Cette approche permet de rapprocher les contenus des utilisateurs et peut améliorer les performances tout en limitant certains coûts de transport. Le rapport rappelle d’ailleurs que plusieurs modes d’interconnexion coexistent sur Internet. Les opérateurs peuvent échanger directement leurs données via le peering, s’appuyer sur des points d’échange Internet (IXP) ou recourir à des transitaires internationaux chargés d’acheminer le trafic entre les différents réseaux. La spécificité d’Orange tient donc au fait qu’il cumule ces différents rôles grâce à Open Transit International, alors que Free, Bouygues Telecom et SFR s’appuient davantage sur des accords de peering pour interconnecter leurs réseaux.
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