Moins exposé financièrement que Bouygues Telecom ou Free dans le rachat de SFR, Orange pourrait malgré tout récupérer des actifs particulièrement stratégiques pour consolider sa place dans la fibre.
Orange prépare déjà son après-SFR. Alors que le projet de rachat de l’opérateur au carré rouge par le consortium formé avec Bouygues Telecom et Free reste soumis à un long examen réglementaire, l’opérateur historique viserait plusieurs actifs clés pour renforcer encore sa position dans les infrastructures fixes, et particulièrement dans la fibre optique. Orange ne financerait qu’environ 27 % de l’opération globale estimée à plus de 20,3 milliards d’euros, loin derrière Bouygues Telecom (42 %) et Free (31 %). Une participation plus limitée qui s’explique notamment par sa position déjà dominante sur plusieurs marchés télécoms. Mais cela ne l’empêcherait pas de récupérer des actifs stratégiques.
L’élément le plus structurant concernerait le réseau fibre de SFR dans les zones très denses, autrement dit les grandes villes. Orange viserait le réseau interne aux immeubles, ce que le secteur appelle les raccordements verticaux : les infrastructures qui relient le pied de l’immeuble jusqu’aux étages et aux logements.
Selon les informations de L’Informé, près de 840 000 prises fibre pourraient ainsi passer sous le contrôle de l’opérateur historique, avec les conventions d’immeubles et certains contrats associés. Une telle opération permettrait à Orange de gagner encore du terrain dans les grandes agglomérations, avec une progression estimée entre 13 % et 14 % de parts de marché supplémentaires sur ces zones. Le reste du réseau très dense serait partagé différemment : Bouygues Telecom récupérerait une partie des infrastructures horizontales FTTH.
Orange ne regarderait pas uniquement la fibre. L’opérateur chercherait également à reprendre quatre délégations de service public aujourd’hui exploitées par des filiales du groupe SFR. Ces réseaux, financés à l’origine par des collectivités locales, concernent encore principalement des infrastructures ADSL.
Les entités concernées seraient Macs HD dans les Landes, Pays Voironnais Network, Ariège Telecom et Comstell. Ces contrats arrivent pour la plupart à échéance autour de 2028 et pourraient être intégrés à Orange Concessions, structure détenue conjointement avec des partenaires institutionnels.
Si le projet se concrétise, Orange sortirait renforcé sur un marché où il occupe déjà une position dominante. Fin 2025, l’opérateur revendiquait déjà plus de 10 millions d’abonnés fibre sur l’ensemble de ses segments d’activité, devant Free et Bouygues Telecom. Reste désormais à convaincre les autorités de la concurrence. Entre concentration du marché, partage des actifs et équilibre concurrentiel, le dossier SFR pourrait devenir l’un des plus sensibles jamais examinés dans les télécoms français, avec une décision qui ne serait pas attendue avant 2027.
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