La maison mère de Free et France Datacenter appellent l’État à lever rapidement plusieurs freins administratifs et économiques afin d’accélérer le développement des data centers, des infrastructures électriques et des projets liés à l’intelligence artificielle en France.
Alors que la compétition mondiale autour du cloud et de l’intelligence artificielle s’intensifie, le groupe Iliad et France Datacenter l’association des acteurs de l’écosystème en France . annoncent avoir remis ce mercredi un rapport contenant 19 recommandations au gouvernement. Le document, transmis à Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du Numérique, vise à faciliter et accélérer le déploiement des infrastructures numériques et énergétiques jugées stratégiques pour la souveraineté française.
Dans leur rapport, les deux acteurs rappellent qu’une grande partie de la consommation électrique liée aux usages numériques français est aujourd’hui réalisée à l’étranger, souvent dans des pays au mix énergétique plus carboné. Elles estiment au contraire que la France dispose d’atouts majeurs pour accueillir davantage d’infrastructures : une électricité largement décarbonée, des capacités de production disponibles, un réseau télécom performant et un écosystème numérique en croissance. Trois grands axes structurent les 19 propositions remises au gouvernement : simplifier les procédures administratives et les raccordements électriques, mieux coordonner la planification des infrastructures numériques et énergétiques, et garantir un cadre économique stable afin de sécuriser les investissements.
Parmi les principales mesures proposées figurent notamment l’ouverture du statut de Projet Industriel d’Intérêt National Majeur (PIINM) aux centres de données stratégiques, l’accélération des raccordements électriques via une logique de traitement « premier prêt, premier servi », l’alignement de la fiscalité électrique des data centers sur celle des industries électro-intensives, ou encore le développement de mécanismes favorisant la reconversion de friches industrielles pour accueillir de nouvelles infrastructures numériques.
Simplifier les procédures administratives et les raccordements électriques
Mieux planifier le développement des infrastructures numériques et énergétiques
Garantir un cadre économique stable et compétitif
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des récentes déclarations d’Iliad sur les lourdeurs administratives entourant les grands projets industriels liés à l’IA. Début mars, dans une tribune publiée dans Les Echos, le directeur général du groupe, Thomas Reynaud, dénonçait déjà des procédures environnementales jugées disproportionnées, notamment l’obligation d’études de biodiversité sur douze mois même pour certaines friches industrielles déjà artificialisées. Le dirigeant expliquait alors qu’Iliad porte actuellement un vaste projet d’infrastructure IA en France, présenté comme l’un des futurs plus grands centres de calcul d’Europe, avec plusieurs milliards d’euros d’investissements et des centaines d’emplois à la clé. Selon lui, le principal frein n’est aujourd’hui « ni technologique ni financier », mais bien administratif.
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