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Brèves

“Aucun opérateur n’en veut”, la 5G millimétrique complètement délaissée par Orange, Free, SFR et Bouygues

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La 5G millimétrique n’attire pas vraiment les opérateurs.

Déployée depuis plusieurs années aux États-Unis et dans certaines régions d’Asie, la 5G millimétrique ne suscite, pour l’heure, qu’un intérêt très limité de la part des opérateurs européens. En France comme ailleurs, la technologie est jugée peu pertinente au regard de ses contraintes techniques et de son coût.

Les signaux envoyés par les fabricants de puces et de smartphones vont dans ce sens. Lors de la présentation de l’iPhone 16e en février 2025, Apple a fait le choix d’un modem maison, le C1, compatible 4G et 5G, mais dépourvu de la 5G millimétrique, pourtant intégrée depuis des années aux iPhone vendus aux États-Unis et en Asie. Quelques mois plus tard, Qualcomm a levé le voile sur sa puce Snapdragon 8s Gen 4, elle aussi sans prise en charge de cette technologie. Un choix qui interroge et qui reflète, en creux, le manque d’enthousiasme des opérateurs.

En France, les expérimentations existent, mais elles ne débouchent sur aucune demande de déploiement commercial. L’Arcep, le régulateur des télécoms, confirme cette absence d’appétit. « Ce serait pour un usage très ponctuel, pour désaturer une antenne par exemple. On n’a aucune demande de la part des opérateurs, même si nous les interrogeons régulièrement », explique sa présidente, Laure de La Raudière.

Pourtant, l’Arcep a ouvert la voie aux tests en mettant à disposition des licences provisoires sur la bande des 26 GHz, libérée des usages satellitaires et militaires. D’une durée de trois ans, ces autorisations permettent aux opérateurs d’évaluer l’intérêt réel de la 5G millimétrique, ses cas d’usage potentiels et surtout les coûts qu’elle implique. Car qui dit nouvelles fréquences dit nouvelles licences et donc de lourds investissements, alors même que les opérateurs ont déjà largement financé le déploiement de la 5G dite « classique ». On peut noter qu’au mois de juillet 2025, selon la carte mise à disposition par l’Arcep, seuls trois sites expérimentaient cette 5G.

Les opérateurs lâchent l’affaire

Du côté des opérateurs, le constat est largement partagé. « Nous avons mené des tests en 2023 et 2024 avec une licence expérimentale de l’Arcep, avec des débits atteignant 4 Gbit/s, mais la couverture est extrêmement limitée et ne pénètre pas à l’intérieur des bâtiments. Cela confirme qu’il n’y a pas de véritable cas d’usage », estime SFR.

Bouygues Telecom tient un discours similaire. « Avec la 5G 3,5 GHz, ça fonctionne déjà très bien. La 5G millimétrique concerne des bandes de fréquences très élevées. Plus on monte en fréquence, moins le signal pénètre dans les bâtiments », souligne Benoît Torloting, directeur général de l’opérateur. « Il faut quasiment une ligne de mire. Un arbre suffit à bloquer le signal. C’est adapté à des zones très étalées, comme certaines banlieues américaines, mais pas à la France. À Paris, c’est impossible. Aucun opérateur n’en veut. »

Chez Orange, le discours est tout aussi prudent. L’opérateur historique rappelle avoir « déjà beaucoup investi dans le déploiement de la fibre, qui reste la solution la plus rentable pour offrir un très haut débit performant ». « Nous ne voyons pas, à ce stade, d’opportunités à court ou moyen terme », indique un porte-parole. Même son de cloche sur les limites intrinsèques de la technologie : « Les capacités sont élevées, mais sur des distances très courtes. À ce jour, la 5G millimétrique n’est pas une priorité », tout en laissant la porte ouverte à de futurs usages encore hypothétiques.

Seul Free se montre plus évasif. Interrogé, l’opérateur du groupe Iliad n’a « pas de commentaire » à faire. L’opérateur avait cependant reconnu en 2023 ne pas mener de tests autour de cette technologie, nous indiquant lors de sa journée des communauté qu’aucun “test n’est en cours sur ce plan chez Free Mobile, il n’y a pas de spectre. De plus, aucun smartphone n’est pour l’instant compatible en France”.

L’intérêt limité de la 5G millimétrique se vérifie aussi dans les pays où elle est déjà disponible. Utilisable essentiellement là où des antennes dédiées, ou small cells, sont installées, elle se cantonne à des usages très localisés, comme les stades ou certains lieux très fréquentés. Sa portée réduite la rend peu compatible avec la priorité actuelle des opérateurs : étendre la couverture et stabiliser les débits pour le plus grand nombre.

Les chiffres confirment ce caractère marginal. Selon OpenSignal, en Australie, au Japon et aux États-Unis, la 5G millimétrique ne représente que 0,1 % à 0,7 % des connexions mobiles. En Europe, la situation est comparable. Hormis quelques expérimentations, comme celles lancées par Vodafone au Royaume-Uni fin 2024 avec Qualcomm, aucun grand marché n’a encore vu de lancement commercial, ni en Allemagne ni en Italie.

Un temps évoquée pour les Jeux olympiques de Paris 2024, la 5G millimétrique n’a finalement jamais été déployée. « Nos données ont montré que son absence n’était clairement pas un problème », résume un opérateur. Un constat qui illustre le désintérêt actuel du secteur pour une technologie jugée coûteuse, complexe et, surtout, peu rentable.

Source : BFM TV

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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