Derrière les difficultés persistantes du réseau mobile dans les trains se cache un obstacle largement méconnu : la conception même des rames. De plus en plus isolés pour le confort thermique et acoustique, les trains récents agissent comme de véritables cages de Faraday, affaiblissant fortement la réception des ondes, malgré le déploiement des opérateurs le long des voies.
La présidente de l’Arcep est revenue ce weekend dans les lignes de BFM Tech sur plusieurs dossiers structurants pour le secteur des télécoms en 2026. Si la fin programmée de la 2G et le possible rachat de SFR ont été évoqués, un point plus discret mais central pour les usagers a retenu l’attention : la qualité du réseau mobile dans les transports, toujours marquée par un angle mort persistant.
Lors de cette prise de parole, Laure de La Raudière a rappelé le rôle de l’Arcep dans l’évaluation des réseaux mobiles, notamment à travers son observatoire de la qualité de service. Un outil que le régulateur ne conçoit pas comme un classement manichéen des opérateurs. Cet observatoire met néanmoins en lumière une faiblesse structurelle : la couverture et la qualité de service dans les transports. Si certains progrès sont constatés, le tableau reste contrasté. Le métro et le TGV apparaissent comme les « bons élèves », toute proportion gardée, tandis que les autres modes de transport collectif, notamment les trains régionaux , restent nettement en retrait. « Même si la situation s’est améliorée, ce n’est pas satisfaisant pour autant. On va être vigilant sur la poursuite du déploiement près des voies ferrées », a insisté la présidente de l’Arcep.
Pour Laure de La Raudière, la question ne se limite toutefois pas au respect des obligations de couverture imposées aux opérateurs. Un facteur technique majeur entre en jeu : la conception même des nouveaux trains. « Les nouveaux trains régionaux sont beaucoup plus hermétiques aux ondes. Je suis assez convaincue que simplement densifier le long des voies ne suffira pas, du fait de ce problème technique. » Les rames récentes, mieux isolées pour le confort thermique et acoustique, renforcent un effet déjà bien connu. « Les anciens trains font déjà cage de Faraday, alors quand on ajoute une couche pour plus de confort vis-à-vis du bruit et du froid, cela a forcément un impact supplémentaire. »
Face à ce constat, la présidente de l’Arcep évoque une piste déjà éprouvée dans les TGV : l’installation de diffuseurs de réseau à bord des trains, sous la forme de points d’accès Wi-Fi reliés à l’extérieur. Ces équipements pourraient être déployés par les régions, en partenariat avec la SNCF, afin de relayer le signal mobile à l’intérieur des rames. Une solution appelée à se développer, notamment si les expérimentations en cours avec des technologies satellitaires comme Starlink ou Eutelsat s’avèrent concluantes. « Bien sûr que les opérateurs doivent respecter leurs obligations, mais ce n’est pas l’unique moyen de parvenir à de meilleurs scores de couverture », a conclu Laure de La Raudière. Un message clair : améliorer la qualité du mobile dans les transports passera autant par l’infrastructure réseau que par l’évolution du matériel ferroviaire lui-même.
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