Aurélie Filippetti : l’Hadopi “n’a pas fait son travail” sur le téléchargement légal

Aurélie Filippetti : l’Hadopi “n’a pas fait son travail” sur le téléchargement légal

La Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet "coûte 11 millions d’euros par an, plusieurs dizaines de personnes y travaillent. Ce que je constate, c’est que la décision qui a été prise hier à Belfort, c’est 150 euros de condamnation, et c’est une première, et qu’il y a à peine 30 dossiers transmis au juge", a observé la ministre.
"Il y a peut-être une légère disproportion entre les moyens énormes qui ont été déployés pour Hadopi, tout le débat qui a présidé à la constitution de cette autorité, et le résultat concret", a-t-elle fait valoir.

 
En effet, la justice vient de condamner un homme d’une quarantaine d’année à 150 euros d’amende pour téléchargement illégal de musique. Premier internaute condamné par le système de lutte contre le téléchargement illégal, le condamné n’est même pas à l’origine de la fraude mais écope de la sanction. En effet, sa compagne aurait téléchargé quelques morceaux de la chanteuse Rihanna, via le site Utorrents, alors qu’il avait déjà fait l’objet de plusieurs avertissements.

 
"La solution, c’est l’offre légale, par abonnement, avec un choix large, des catalogues variés. Or, là dessus, Hadopi n’a pas fait son travail, n’a pas rempli sa mission, c’est-à-dire contribuer au développement de l’offre légale", a insisté Mme Filippetti.
Interrogée sur la nécessité de revoir la loi, la ministre a répondu que c’était "prévu dans le cadre de la mission Lescure".
Le gouvernement a chargé Pierre Lescure, ancien PDG de Canal+ et directeur du Théâtre Marigny, d’une mission de concertation sur la culture face aux enjeux du numérique, pour notamment réfléchir à l’avenir d’Hadopi.
 

Source : AFP