Orange n’avait pas vu venir cette menace : une fuite de vapeur fait fondre son réseau et prive des centaines d’entreprises d’internet
Une fuite sur le réseau de chaleur de la métropole lilloise a provoqué des températures dépassant 50 °C dans des chambres de tirage, endommageant des installations télécoms d’Orange et coupant Internet et le téléphone fixe de centaines d’abonnés.
Les réseaux télécoms ne sont pas uniquement menacés par les travaux de voirie ou les coups de pelleteuse. À Lille, une série de fuites de vapeur sur le réseau de chaleur métropolitain a suffi à provoquer d’importants dégâts sur les infrastructures d’Orange, avec des conséquences pour des centaines d’entreprises, de services publics et d’administrations. Le cas est notamment détaillé dans une récente ordonnance du tribunal des activités économiques de Nanterre, qui permet de revenir sur l’origine de cet incident assez inhabituel.
Plus de 50 °C dans les chambres de tirage
Depuis la fin de l’année 2022, le réseau de chaleur de la métropole lilloise aurait connu plusieurs fuites de vapeur. La vapeur brûlante s’est infiltrée dans certains sous-sols où passent également des infrastructures de télécommunication.
Les températures ont dépassé 50 °C dans certaines chambres de tirage, provoquant la dégradation des installations. Les fourreaux en plastique protégeant les câbles d’Orange ont notamment fondu, tandis que le sarcophage en béton abritant les lignes cuivre et fibre a également été endommagé.
Les conséquences ont été immédiates : des centaines d’abonnés se sont retrouvés privés d’Internet et de téléphone fixe. Un exemple qui montre que les infrastructures télécoms peuvent être vulnérables à des réseaux qui, en apparence, n’ont pourtant aucun rapport avec elles.
Orange se retrouve devant la justice
L’affaire a ensuite pris une tournure judiciaire. Orange a engagé une procédure dans le cadre d’un conflit impliquant notamment Eiffage et plusieurs de ses sous-traitants, afin de déterminer les responsabilités dans les dommages subis par son réseau. Les expertises évoquent notamment des problèmes liés à la réalisation des manchons isolants ainsi que des erreurs dans l’étude de flexibilité du réseau de chaleur. Ces éléments sont au cœur des discussions visant à déterminer l’origine des défaillances et la responsabilité des différents intervenants.
Cette affaire rappelle surtout que la vulnérabilité des réseaux de télécommunications ne se limite pas aux travaux de voirie. Une infrastructure peut être endommagée par son environnement immédiat, notamment lorsqu’elle partage des espaces souterrains avec des réseaux de chaleur ou d’autres installations susceptibles de présenter des risques. Elle pose également la question de la redondance des infrastructures. Disposer de plusieurs opérateurs ou de plusieurs accès ne garantit pas nécessairement une continuité de service si les différents câbles empruntent finalement le même passage souterrain.
Source : ZDNet