L’Arcom veut accélérer la lutte contre le piratage sportif et audiovisuel. Son président Martin Ajdari annonce la mise en place de blocages en temps réel des flux IPTV illégaux dès janvier 2027, grâce à une disposition de la nouvelle loi sur le sport.
Le blocage des adresses IP illégales commence à s’installer en France. Après une première expérimentation lors de Roland-Garros, puis à Wimbledon et pendant la Coupe du monde de football, l’Arcom s’apprête à l’étendre à la Ligue des champions. 139 adresses IP doivent ainsi être bloquées dans le cadre de la compétition.
Cette méthode permet d’agir plus directement sur les infrastructures diffusant les contenus pirates. Jusqu’ici, l’Arcom devait toutefois respecter une procédure pouvant prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours entre le signalement d’un ayant droit, sa validation par le régulateur et la transmission aux opérateurs.
Un délai problématique face à des pirates capables de recréer rapidement de nouvelles adresses pour diffuser les matchs. D’autant que le piratage évolue : le visionnage depuis des sites de streaming illégaux a chuté de 70 % depuis 2022, tandis que l’IPTV pirate concerne désormais 7 % des foyers, contre 5 % il y a quatre ans.
La prochaine étape doit donc permettre de réagir beaucoup plus rapidement. Une disposition de la loi sur le sport adoptée en juillet autorise désormais les ayants droit à demander directement aux opérateurs télécoms le blocage de flux pirates, sans devoir attendre une validation préalable de l’Arcom.
Le régulateur prépare actuellement les modalités techniques et administratives de ce nouveau dispositif. « L’objectif est que tout soit bouclé d’ici à la fin de l’année et que la France soit prête à débuter les blocages en temps réel en janvier 2027 », annonce Martin Ajdari.
L’enjeu sera toutefois de trouver un équilibre entre efficacité et protection des services légaux. Une adresse IP pouvant notamment être utilisée par plusieurs sites, un blocage mal ciblé pourrait affecter des contenus parfaitement légitimes. L’Arcom veut donc mettre en place des garanties pour éviter ces dérives, déjà observées en Espagne et en Italie avec des services comme Google Drive ou Cloudflare.
Le régulateur prévient d’ailleurs que les ayants droit qui procéderaient à des blocages abusifs pourraient perdre leur accès au dispositif. L’objectif affiché est désormais de faire reculer l’IPTV illégale avec la même efficacité que les blocages de sites pirates, qui ont déjà permis de réduire de 70 % le recours au streaming illégal.
Source : Les Echos
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