Malgré les milliers d’emplois qui pourraient disparaître à terme avec la reprise de SFR par Bouygues Telecom, Orange et Free, l’État ne semble pour l’heure pas vouloir intervenir sur le volet social du dossier.
Le projet de reprise de SFR par ses trois concurrents se précise, et avec lui les inquiétudes des salariés. Si les emplois doivent être préservés pendant plusieurs années après la cession, une grande partie des effectifs actuels ne devrait pas rejoindre les opérateurs repreneurs à terme. Après plusieurs plans sociaux menés par Altice, SFR compte aujourd’hui environ 8 000 salariés. À terme, moins de 3 000 pourraient conserver leur emploi chez l’un des repreneurs.
Le projet baptisé « Renaissance » prévoit que Bouygues Telecom reprenne environ 2 300 salariés du siège, contre 250 à 300 pour Orange et seulement 54 pour Free. Cette différence s’explique notamment par les activités récupérées par chaque opérateur : Bouygues Telecom doit notamment reprendre l’activité professionnelle de SFR, tandis que Free récupérera principalement RED by SFR.
Ces chiffres concernent uniquement les quelque 6 600 salariés du siège et n’intègrent pas les boutiques qui doivent également être réparties entre les repreneurs. Au total, plusieurs milliers de salariés restent donc dans l’incertitude quant à leur avenir. Les opérateurs se sont engagés à préserver les emplois pendant une certaine période, mais les suppressions de postes pourraient intervenir après la migration des différents actifs et des parcs de clients, attendue autour de 2029.
Face à cette situation, les représentants des salariés cherchent des interlocuteurs au sein du gouvernement. Mais pour l’heure, leurs sollicitations ne semblent pas avoir abouti.
Olivier Louise, secrétaire général de l’Union CFTC de Bouygues Telecom, indique à nos confrères de Libération avoir sollicité les ministères du Travail et de l’Économie. Selon lui, les deux administrations ont répondu que le dossier ne relevait « pas de leur périmètre d’intervention ».
Une situation qui laisse les salariés avec de nombreuses interrogations sur leur avenir, alors qu’une simple plateforme téléphonique a pour l’instant été mise en place pour les accompagner. Reste désormais à voir si l’Arcep se saisira de la question. L’autorité des télécoms aura toutefois essentiellement un rôle consultatif dans cette opération, qui relève principalement de l’Autorité de la concurrence.
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