Bouygues Telecom s’attaque au béton de ses antennes et expérimente de nouvelles méthodes de construction
Pour réduire l’empreinte carbone de ses infrastructures, Bouygues Telecom expérimente de nouvelles méthodes de construction de ses antennes et cherche à prolonger la durée de vie de ses équipements. Un enjeu de taille alors que les émissions des opérateurs télécoms français continuent de progresser.
Comment les télécoms peuvent relever le défi de la décarbonation ? Dans une publication réalisée en partenariat avec Usbek & Rica, Bouygues Telecom tente de répondre à cette question avec plusieurs pistes pour limiter l’impact environnemental de ses réseaux. L’opérateur travaille notamment sur la construction de ses pylônes, dont les fondations en béton et les structures métalliques représentent une source importante d’émissions de CO2.
« La méthode classique consiste à couler un bloc de béton de 30 mètres cubes pour maintenir le pylône en place », explique Jérôme Gorgeon, responsable Environnement Climat Réseau et Prévention chez Bouygues Telecom. L’opérateur développe actuellement, avec un maître d’œuvre, une technique permettant d’optimiser ces fondations et de réduire d’environ 30 % les volumes de béton nécessaires. D’autres solutions sont étudiées, comme l’utilisation de béton bas carbone, d’acier recyclé ou encore de pylônes en bois. Cette dernière option présente toutefois des contraintes techniques, notamment une plus grande prise au vent pouvant nécessiter des fondations plus importantes.
Les réseaux mobiles consomment toujours plus d’électricité
Ces efforts interviennent dans un contexte où l’impact environnemental des télécoms reste difficile à contenir. Selon les dernières données de l’Arcep citées par Bouygues Telecom, les émissions de gaz à effet de serre des quatre principaux opérateurs français ont atteint 401 000 tonnes équivalent CO2 en 2024, soit une hausse de 1 % sur un an.
La consommation électrique totale des réseaux fixes et mobiles s’est stabilisée à 4,1 TWh, mais cette stabilité cache des évolutions contrastées. Les réseaux mobiles ont consommé 4 % d’électricité supplémentaire en 2024, sous l’effet de la croissance des usages et de l’extension des infrastructures. À l’inverse, la consommation des boucles locales fixes a reculé de 16 %, notamment grâce au remplacement progressif du cuivre par la fibre optique. Bouygues Telecom entend également optimiser le refroidissement de ses centres de données, en ajustant notamment les températures de fonctionnement et la circulation de l’air. Enfin, l’opérateur mise sur le réemploi des équipements démontés, qui peuvent être testés puis réinstallés sur son réseau.