Scaleway (Iliad) vise les étoiles et signe pour des data centers… dans l’espace

Scaleway (Iliad) vise les étoiles et signe pour des data centers… dans l’espace

Scaleway, filiale cloud de la maison-mère de Free, et la start-up française ALATYR veulent préparer une nouvelle génération de data centers spatiaux. Les deux entreprises vont travailler ensemble pendant 18 mois sur leur architecture, leur sécurité et leurs futurs usages.

Les data centers pourraient-ils bientôt quitter la Terre ? C’est en tout cas l’ambition portée par ALATYR et Scaleway, qui annoncent la signature d’un protocole d’accord. La start-up française développe des infrastructures capables d’être assemblées, maintenues et modernisées directement en orbite, tandis que Scaleway apporte son expertise du cloud et de l’intelligence artificielle.

L’objectif est de préparer l’intégration de ces futurs data centers orbitaux avec les services cloud et IA existants. Les deux entreprises vont notamment travailler sur les architectures techniques, les performances, la cybersécurité, la disponibilité des services et les premiers cas d’usage.

ALATYR veut construire de véritables data centers dans l’espace

Le projet d’ALATYR va bien au-delà de simples satellites équipés de quelques serveurs. La start-up développe CITADEL, une architecture de data center modulaire destinée à être déployée directement en orbite. Chaque capacité pourrait représenter 1 à 5 MW par lancement, avec l’ambition de passer ensuite à une échelle de plusieurs gigawatts. L’une des particularités du projet est son système robotique BYLD, conçu pour permettre d’assembler les infrastructures en orbite, mais aussi de les entretenir et de remplacer leurs équipements au fil du temps. ALATYR prévoit notamment de pouvoir renouveler les capacités de calcul tous les trois à cinq ans, sans devoir remplacer l’ensemble de l’infrastructure spatiale.

Ces installations seraient alimentées en continu par l’énergie solaire et pourraient fonctionner pendant plus de 15 ans. L’idée est notamment de profiter de l’accès à l’énergie solaire dans l’espace tout en évitant certaines contraintes des data centers terrestres, comme la disponibilité du foncier ou des réseaux électriques. À court terme, ALATYR met toutefois surtout en avant la résilience : une infrastructure située en orbite serait physiquement séparée des installations terrestres et pourrait ainsi continuer à fournir du calcul ou du stockage en cas de perturbation majeure au sol.

Le projet vise notamment les besoins en intelligence artificielle, stockage de données et infrastructures critiques. ALATYR travaille déjà sur des applications de calcul orbital souverain avec d’autres partenaires européens. La société prévoit une première démonstration en orbite en 2028, puis un premier data center commercial en 2030.

Scaleway doit préparer le « cloud orbital »

C’est précisément sur cette dernière étape que l’accord avec Scaleway prend son sens. Les infrastructures d’ALATYR devront pouvoir fonctionner comme de véritables ressources cloud, avec des interfaces permettant de les connecter aux systèmes terrestres et de respecter les exigences habituelles en matière de latence, disponibilité, sécurité et protection des données.

Les deux entreprises vont donc travailler sur les premiers services susceptibles d’être proposés depuis l’orbite, mais aussi sur leur modèle commercial. L’objectif affiché est de poser les bases d’un cloud orbital européen, capable de compléter les infrastructures terrestres plutôt que de simplement les remplacer.

Pour Scaleway, cette coopération permet également d’explorer une nouvelle couche d’infrastructure pour les besoins croissants de l’IA. Pour ALATYR, elle doit surtout permettre de concevoir dès maintenant ses data centers en tenant compte des contraintes réelles des clients du cloud. Une approche qui pourrait transformer ces infrastructures spatiales en véritables data centers à part entière, mais installés au-dessus de nos têtes.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox