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Piratage sportif : les VPN s’alarment des méthodes employées en France pour les blocages

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La France est pointée du doigt dans un rapport international consacré aux restrictions visant les VPN. En cause, les blocages judiciaires imposés à certains services pour lutter contre le piratage sportif, à la demande notamment de Canal+ et beIN Sports. L’organisation i2Coalition estime que ces mesures pourraient avoir des conséquences bien au-delà de la lutte contre le streaming illégal.

La lutte contre le piratage sportif en France franchit un nouveau cap, mais la stratégie adoptée fait débat. Dans un rapport publié le 21 octobre à l’occasion de la Journée mondiale du chiffrement, l’Internet Infrastructure Coalition (i2Coalition) s’intéresse aux politiques visant les VPN dans sept pays, dont la France. L’organisation alerte sur les conséquences potentielles de mesures qui, selon elle, risquent d’affecter la sécurité et la confidentialité de nombreux internautes.

En France, les ayants droit cherchent depuis plusieurs années à renforcer les moyens de lutte contre la diffusion illégale d’événements sportifs. En mai 2025, Canal+ et la Ligue de football professionnel avaient obtenu une décision de justice imposant à cinq fournisseurs de VPN de bloquer l’accès à 203 noms de domaine associés à des services pirates. Depuis, les procédures se sont multipliées.

Mais la justice commence aussi à fixer des limites. Le 7 octobre dernier, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté la demande de beIN Sports visant à imposer des astreintes à NordVPN et Surfshark. En septembre, Canal+ n’avait pas davantage obtenu les sanctions financières demandées contre Cloudflare, malgré le blocage d’une partie importante des domaines visés.

Les VPN, des outils de sécurité aussi utilisés pour contourner les blocages

Dans son rapport VPNs at Risk, l’i2Coalition rappelle que les réseaux privés virtuels ne servent pas uniquement à masquer sa localisation pour accéder à des contenus indisponibles dans son pays. Ils permettent avant tout de créer des connexions chiffrées sur des réseaux qui ne sont pas nécessairement sécurisés, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. « Les VPN font partie de l’architecture de sécurité dont dépendent chaque jour les particuliers et les entreprises », souligne Christian Dawson, directeur exécutif de l’organisation.

L’i2Coalition reconnaît que les gouvernements poursuivent des objectifs légitimes en matière de cybersécurité, de protection des enfants, d’enquêtes criminelles ou encore de respect du droit d’auteur. Ces outils peuvent effectivement permettre de contourner certaines restrictions et compliquer l’identification de l’origine d’une connexion. Toutefois, l’organisation estime que les mesures prises pour lutter contre ces usages doivent être évaluées au regard de leurs effets sur les utilisateurs légitimes. Des restrictions trop larges pourraient, selon elle, fragiliser la confidentialité des communications et la sécurité en ligne de personnes qui utilisent un VPN à des fins parfaitement légales.

La France au cœur du débat sur le blocage des VPN

C’est sur ce point que la stratégie française suscite les critiques du rapport. L’i2Coalition, qui représente notamment des entreprises de l’écosystème Internet et des fournisseurs de VPN, considère que l’extension des blocages aux services VPN soulève des questions de proportionnalité et d’efficacité. Elle estime que les conséquences de ces mesures sur la vie privée et les infrastructures partagées ne sont pas suffisamment évaluées.

Le rapport distingue notamment les mesures ciblant les pratiques d’un fournisseur précis de celles qui affectent des infrastructures ou des protocoles communs. Une décision visant un service particulier n’a pas nécessairement les mêmes conséquences qu’un blocage susceptible de toucher des usages plus larges. L’organisation appelle ainsi les pouvoirs publics à démontrer l’efficacité des mesures envisagées, à en évaluer les effets secondaires et à consulter les experts techniques, les entreprises et la société civile avant leur mise en œuvre.

Cette prise de position doit toutefois être replacée dans son contexte : l’i2Coalition défend les intérêts d’acteurs du secteur Internet, dont des fournisseurs de VPN. Son rapport constitue donc une analyse critique de ces politiques, et non une évaluation indépendante de l’efficacité des blocages français contre le piratage sportif. Le débat oppose ainsi deux objectifs : permettre aux ayants droit de protéger leurs contenus contre leur diffusion illégale, tout en évitant que les mesures de blocage ne pénalisent les usages légitimes de technologies essentielles à la sécurité des communications.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Lucas Musset

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