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L’Arcep voit d’un mauvais oeil les exclusivités mais ne constate rien d’alarmant pour le moment

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Les opérateurs télécoms ont-ils vocation à devenir éditeurs de contenus, et à acheter des exclusivités ? Les abonnés devront-ils se doter de plusieurs FAI afin d’avoir accès aux contenus qu’ils souhaitent ? Comme le rapporte BFM Business, le régulateur a rendu un avis à l’Autorité de la concurrence sur ses positions en amont de la décision de cette dernière de laisser un peu d’air à Canal qui pourra reprendre certaines chaînes en exclusivité.

En l’occurrence, l’Arcep n’est pas partisane des exclusivités mais note que les pratiques en ce sens restent limitées à ce jour. Néanmoins, compte tenu des différentes stratégies développées, le gendarme des télécoms estime que ces risques ne peuvent être totalement écartés, et invite l’Autorité de la concurrence à se montrer vigilante à ce sujet. « Du fait de la vente simultanée de la télévision et de l’accès à l’internet au sein des offres triple play, les abonnés n’ont pas la possibilité de souscrire simultanément à plusieurs offres de services audiovisuels des FAI, en dehors d’offres qui seraient proposées par le biais de services OTT. Par conséquent, si un FAI pouvait proposer de façon exclusive l’accès aux contenus majeurs ou à l’essentiel des services, il pourrait en tirer un avantage concurrentiel significatif sur le marché de l’accès à l’internet, ce qui pourrait conduire à une diminution de l’intensité concurrentielle », s’inquiète l’Arcep. Toutefois, le régulateur ne voit pas de problème actuellement : « Les pratiques de remontée de la chaîne de valeur observées depuis 2012 ne semblent généralement pas s’accompagner de pratiques d’exclusivités. Ainsi, les services OCS ne sont pas distribués de manière exclusive. SFR a quant à lui publiquement fait part de sa volonté de développer des accords de distribution avec ses concurrents. Si ces derniers ont indiqué ne pas être satisfaits de l’offre qui leur a été faite, il y a lieu de noter que SFR distribue désormais ses contenus aux clients des autres FAI en OTT. »

Le risque malgré tout d’une stratégie amplifiée sur les exclusivités serait l’émergence « d’un phénomène massif de remontée dans la chaîne de valeur ou de rapprochement entre acteurs de l’audiovisuel s’il se combinait à une stratégie d’exclusivité, risquerait d’entraîner une organisation de l’activité de distribution « en silos », au détriment à la fois de la concurrence sur les marchés de détail des communications électroniques et de la richesse des offres de contenus audiovisuels disponibles pour chaque foyer », souligne t-il enfin.

L’avis des opérateurs

Du côté de Xavier Niel, la stratégie est opposée à celle de SFR : « On pense que les exclusivités n’ont pas de sens. Si vous êtes obligés de vous abonner pour avoir un contenu cela ne marche pas » a assuré le fondateur de Free qui a annoncé clairement : « Nous n’achèterons pas d’exclusivité. » Enfin selon lui, « acheter des contenus n’a pas d’impact sur les abonnements ».

Pour Stéphane Richard qui refuse de participer à l’inflation délirante sur les droits sportifs générée par SFR, « l’utilisateur déteste être emprisonné chez un opérateur si il veut voir tel ou tel contenu », en clair Orange souhaite que tous les clients des opérateurs puissent avoir accès en toute liberté aux contenus qu’ils recherchent. C’est ce qu’il fait avec OCS comme le rappelle l’Arcep : « Orange, en plus de distribuer des services édités par des tiers, distribue ses propres services de VàD, mais aussi les services linéaires édités par Orange Cinéma Séries (OCS). Comme les injonctions de 2012 l’y contraignaient, le groupe Canal a « neutralisé » son influence sur OCS en confiant, au mandataire en charge du suivi de la mise en œuvre des injonctions, la gestion de sa représentation au conseil d’administration de l’éditeur de contenus audiovisuels. »

S’agissant de Free, le régulateur relate qu’il distribue « des services audiovisuels édités par des tiers. Il n’édite pas de service audiovisuel, que ce soit linéaire ou non-linéaire », et propose « depuis un accès à Canalsat Panorama ».

Enfin chez Altice, le développement est rapide et s’ajoutent aujourd’hui en plus des acquisitions, la conclusion de contrats de distribution exclusive, toutes plateformes confondues, des chaînes des groupes Discovery (Discovery Science, Discovery Channel, Discovery Investigation et Discovery Family) et NBCUniversal (Syfy, 13ème Rue et E !), auparavant distribuées en exclusivité par GCP, et le renforcement de son offre non-linéaire (SFR Play VOD Illimitée). 

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox

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Maxime Raby

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